Carla Bruni n’est pas vraiment populaire, du moins parmi les lecteurs de Libération, qui n’apprécie pas que leur journal ait réalisé une longue interview de la première dame de France. Les 80% de réactions négatives donnent la mesure du mécontentement. « Lecteur fidèle, je suis assommé par votre choix » est la phrase qui résume le mieux l’état d’esprit des lecteurs.
Rappelons aux lecteurs de Libération - que nous saluons bien bas pour l’abnégation dont ils font preuve chaque jour que Dieu fait - que leur journal préféré est détenu pour l’essentiel par Édouard de Rothschild, qui passait ses vacances à la Baule avec la famille Sarkozy. Or la femme du président a un disque à vendre. Peu importe les lecteurs pourvu que les profits soient garantis. Les lecteurs comptent bien peu dans la logique financière d’une société de consommation. Aussi l’apprennent-ils à leur dépens.
Quelques extraits nous aideront à comprendre l’agacement des lecteurs.
« Mais mon mari ne correspond pas à l’idée que je me faisais des conservateurs. Il n’est pas du tout conservateur. Il ne correspond pas non plus à toute une partie des personnes qui composent son parti. » Nous comprenons maintenant pourquoi il a chuté dans les sondages et pourquoi Carla Bruni n’est plus très populaire dans les milieux de gauche.
« Sur le téléchargement, vous êtes pour la sanction contre les internautes? -Internet est un lieu en dehors des lois. Or la liberté ne signifie pas que l’on est hors-la-loi. Aucun d’entre nous ne peut être hors-la-loi. C’est la condition de la démocratie.” Elle nous parle de respect de la loi alors que l’une de ses chansons déclarent : ”Tu es ma came/ Plus mortel que l’héroïne afghane/Plus dangereux que la blanche colombienne.” La Colombie s’en est agacée. Mais Libération, très provoquant sur de nombreux points, n’a pas jugé utile de poser une question sur cette affaire. Les intérêts de la France ou de Carla n’y sont peut-être pas étrangers…Objectivité des médias, quand tu nous tiens !!!
Carla Bruni s’explique sur sa relation avec son mari : « Je lui ai apporté mon univers comme il m’a apporté le sien. Faire corps voudrait dire adhérer à tout ce que pense mon mari. Ce n’est pas comme cela dans un couple ! J’ai toujours les mêmes convictions même si je suis une femme assez peu engagée politiquement. » Elle affirme également : « Ces [ceux de la première dame de France] devoirs sont-ils simplement les devoirs d’une épouse ? A ce moment-là, on rentre dans un système phallocratique. »
Quant à la France et aux Français, on se souvient de ses déclarations par lesquelles elle trouvait les Français « minables ». Libération ne pose pas non plus de question là-dessus. Ou plutôt une question détournée :
« Dans les interviews, vous parlez de vous, vous ne parlez pas des Français. Comment les voyez-vous ? -Je ne parle pas des Français, c’est vrai. Je n’étais pas concernée avant, même si je vis en France depuis longtemps, par cette entité que sont devenus les Français pour moi. Les Français sont un peuple assez nostalgique, très littéraire, et aussi assez peu musical. » Il est étonnant de voir Libération se soucier des Français comme il est étonnant de voir Carla Bruni les traiter comme une simple « entité ». Une “entité” n’est rien de plus qu’une masse informe sans réel contenu. Les Français méprisables sont donc bons pour acheter les albums de Carla, rien d’autre. Mais, après tout, les Français ont les chanteuses qu’ils méritent : entre Diam’s et Carla, ils cultivent l’art de la subversion anti-française. Le peuple français étant “assez peu musical”, comme le dit Carla, acheter un album de Carla est donc une faute de goût. En insultant les Français, elle oublie qu’elle en dépend.
Ce sont là des réponses qui m’amènent à une conclusion que j’empreinte à Carla Bruni, première dame de France : « Il y a sans doute des gens extrêmement cultivés à droite et sans doute des ignorants à gauche. Je suis de ces derniers, ignorante ! » J’ose espérer qu’en tant que première dame de France qui n’hésite pas à poser nue dans les médias, elle ne représente pas les Françaises !