E-deo vous avait parlé de ce sondage, organisé pour connaître l’évolution d’une idée ancienne au sein de la société belge : le réunionisme.
Les résultats dénotent une importante progression du nombre de personnes favorables au rattachement à la France : + 20% en quelques mois. Pourtant, une forte partie de la population ne croit toujours pas que la Belgique risque d’éclater : 59%.
Les Français seraient favorables à se rattachement à 54%. L’article précise :
En France, la tradition d’accueil ne se dément pas.
Comme si la “tradition d’accueil” y était pour quelque chose. Les Français savent surtout tout ce que l’on a en commun avec les Wallons. Mais que l’on demande pour un autre pays (Algérie ou autre), les résultats changeront radicalement.
Mais qu’est-ce qui peut bien attirer les Wallons ? Il faut lire l’excellent article du Blogue-notes de Claude Thayse, réunioniste assumé. Une bonne synthèse, qui ne cache pas une adhésion à la République Française et à ses valeurs…Dans la droite lignée de la République Universelle des révolutionnaires, les Wallons ne sont prêts à se rattacher à la France que dans le cadre de la République.
La captation de l’expression politique du mouvement wallon par le groupe ” régionaliste ” au sein du PS entre 1985 et le début des années 1990 a été un moment important sans doute. En contribuant au succès socialiste lors du scrutin de décembre 1987, il aura participé aux progrès accomplis vers un fédéralisme inachevé. Mais les échecs et les désillusions provoquées par ce fédéralisme inachevé auraient plus tard une conséquence inattendue: la quasi disparition ou, à tout le moins, l’étouffement du courant autonomiste au sein du PS, mais également au sein même du mouvement wallon. Le phénomène avait débuté sous G.Spitaels et Ph. Busquin, il connaîtra son couronnement final avec É. Di Rupo (éloignement de JM Dehousse, mise à l’ombre de J.Happart, tentative d’humiliation de R.Collignon). L’accession au pouvoir d’É. Di Rupo représente une deuxième mort (politique, s’entend) d’A.Cools. La présidence d’É.Di Rupo assure en quelque sorte la résurrection d’E.Leburton qui, un jour, avait publiquement traité les fédéralistes de féderastes… Avant d’être renversé par A.Cools.
La fin du courant autonomiste, ou en tout cas son amenuisement, n’a pas signifié pour autant que le mouvement wallon allait disparaître à son tour. Tout naturellement, elle a dégagé le terrain pour une montée en puissance du projet réunioniste. D’où la naissance à Charleroi le 27 novembre 1999, d’une nouvelle formation politique: le RWF-RBF.
Cet article éclaire des aspects méconnus de l’histoire franco-belge. La Belgique étant une entité artificielle fondée par la France, elle en reste dépendante pour une bonne partie. On ne peut nier le fond culturel commun à ces deux pays. Aussi, je ne crois pas que le réunionisme soit une simple affaire d’adhésion aux valeurs républicaine française, car la République Française n’a pas plus à proposer que l’actuelle Belgique. L’Union Européenne s’impose à tous, Français ou pas.
Si le mouvement réunioniste remonte à la Révolution, il part avant tout d’un principe simple, qui a fondé tous les nationalismes : la prise de conscience d’une identité. Au moment de la Révolution, les Wallons se sont aperçu de tout ce qui les unissait à la France, révolutionnaire ou pas. C’est ce qui les a déterminé. De plus, ce sentiment profite aujourd’hui d’un déclin de la culture wallonne, qui ne domine plus la Belgique, au grand dam des élites francophones, hostiles au rattachement. La crise institutionnelle rappelle à tous qu’un pouvoir faible n’a aucun avenir, que ce soit en France ou en Belgique. Dans cette perspective, les Wallons ne seront pas mieux lotis en France qu’en Belgique.
Mais il est certain qu’ils profiteront pleinement de tous les avantages qu’offrent l’Etat-Providence le plus poussé au monde : RMI, sécu, etc…Il est permis de considérer que ce sont là des éléments non-négligeables.










