Les antifas subventionnés par l’UE, des ministères de l’Intérieur, le conseil mondial des Eglises ?

Les antifas subventionnés par l’UE, des ministères de l’Intérieur, le conseil mondial des Eglises ?


En mai 2008, à l’occasion de la venue en France d’antifascistes russes, une polémique a éclaté sur internet concernant les liens entre un certain antifascisme et l’Etat. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans la nébuleuse antifasciste (qui n’est peut-être pas nébuleuse pour rien…), mais les points soulevés sont particulièrement clairs et précis et les questions qu’ils soulèvent cruciales d’un point de vue militant. Des compagnons ont donc jugé nécessaire, comme dans toute polémique, d’étudier les arguments des uns et des autres, à commencer par vérifier leur véracité. Puis, vu les questions soulevées, de porter le débat sur la place publique.

 

La polémique a éclaté lorsqu’un internaute (avec lequel les rédacteurs de l’article n’ont rien à voir) a dévoilé que les fameux antifascistes russes invités en France avaient des liens avec Searchlight, magazine britannique qui affiche certes un bel antifascisme mais dont le rédacteur en chef reconnaît avoir des liens avec les services secrets de son pays. Ce même internaute faisait par ailleurs remarquer que le mouvement qui faisait venir en France ces Russes (en l’occurrence le conglomérat “Réflex”, “Scalp”, “Réseau no pasaran”), fait partie d’un réseau appelé “United” (auquel appartient également Searchlight).

Qu’est-ce donc que cet United ?

C’est, d’après ce qu’affirme son site, “le plus grand réseau pan-européen antiraciste”. Il regroupe 560 organisations et lutte contre le nationalisme, le racisme, le fascisme et pour les droits des immigrants et des réfugiés. Très bien jusques là. Sauf que, si l’on se donne seulement la peine de lire ses rapports d’activité, on a directement connaissance de la liste des organisations qui financent “United”. C’est là qu’on rigole. Dans le rapport d’activité 2006, on relevait en vrac, parmi les généreux donateurs : la Commission Européenne, le Conseil de l’Europe, le Conseil mondial des Eglises ( !), le Conseil culturel de Suède, le Groupe parlementaire européen des Verts, le Groupe parlementaire européen Socialiste, le Groupe parlementaire européen Communiste, le Ministère des affaires étrangères Suisse, etc. Bien pire, deux ministères de la police (au moins) financent directement “United” : le ministère de l’intérieur britannique et le ministère de l’intérieur néerlandais. Et c’est bien de ce réseau que “Reflex” (auquel appartient le “Scalp”) est membre !

Ces révélations qui appelaient soit un démenti formel (si elles étaient fausses) soit, dans le cas contraire, des explications politiques ont certes soulevé une vive polémique, mais les explications se font toujours attendre.

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Erdogan admirateur du responsable de la mort de nos soldats en Afghanistan…

Erdogan admirateur du responsable de la mort de nos soldats en Afghanistan…


Lu dans Le Monde du 20 août 2008 :

La région de l’embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l’emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation est toujours présente, mais l’implantation radicale s’est largement diversifiée (…). C’est cette coalition d’insurgés, taliban afghans et combattants d’Hekmatyar, alliés aux taliban pakistanais et à Al-Qaïda, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.

Lu dans Présent de mardi 26 août 2008 :

Une semaine avant l’embuscade qui a tué nos soldats, Gulbuddin Hekmatyar avait été étrillé. Une de ses bases, dans le Waziristan du Sud (zone frontalière du Pakistan) avait été pilonnée par les alliés. Lors de l’assaut qui suivit, dix islamo-terroristes avaient été tués.

Qui est Gulbuddin Heykmatyar ? Un responsable sunnite islamo-terroriste réputé. Parmi ses admirateurs, l’actuel Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à qui certains voudraient donner la clef pour entrer dans l’Europe…

La photo que nous reproduisons est parue le 10 juillet 2003 dans le journal turc Star. On y voit Recept Tayyip Erdogan agenouillé en signe d’allégeance devant Gulbuddin Hekmatyar. Dans son livre, La Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste ?, le géo-politicien Alexandre del Valle rappelait que ledit Hekmatyar est « un des chefs terroristes afghans les plus recherchés par les polices du monde ».

A l‘époque, cette photo prise à Istanbul, dans le quartier du Fatih (« la victoire ») avait scandalisé les milieux turcs laïques de Turquie. Elle n’avait pas soulevé la moindre émotion chez les membres de l’Union européenne… (…)

A lire dans Présent du 26 août 2008 :

  • Le fichier Edvige au centre de la polémique
  • Suite de l’entretien commencé samedi avec Jacques et Marie-Claude Bompard, maires d’Orange et de Bollène
  • Un droit (discriminatoire) à la sépulture pour les enfants morts-nés
  • Le Figaro ou La Pravda
  • etc

En vente chaque jour chez tous les bons marchands de journaux (1,3 E).

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La propagande “pour la diversité” orchestrée par l’UE passe mal en Lituanie

La propagande “pour la diversité” orchestrée par l’UE passe mal en Lituanie


Les maires des villes de Vilnius et de Kaunas ont refusé d’accueillir dans leur commune, sur des terrains municipaux, le camion européen “pour la diversité et contre les discriminations” visant à rééduquer les peuples qu’elle juge pas assez métissés ou dépravés.

La Commission Européenne a du se contenter de négocier l’installation de son véhicule sur les parkings privés de supermarchés les 20 (Vilnius) et 22 août (Kaunas). L’an dernier, le maire de Vilnius avait refusé d’autoriser l’entrée du camion dans la ville, dénonçant la propagande homosexuelle mené par l’UE.

Habituées à ce que plus rien ne leur soit refusé, les associations extrémistes ”ILGA-Europe”, ”Lithuania Gay League” et le Centre LGBT de Paris (gavé de subventions par la mairie de Paris)se sont indignés ”que des représentants d’un pays membre de l’Union puissent ainsi et sans encourir aucune sanction, bafouer les actions et la législation de l’Union Européenne“. “Lithuania Gay League” dénonce même un “apartheid au 21ème siècle” (sic).

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Le Janus géopolitique

Le Janus géopolitique


Le président soudanais Omar el-Béchir se rendra la semaine prochaine en Turquie, pour son premier déplacement à l’étranger depuis son inculpation pour génocide par la Cour pénale internationale, selon des sources proches du président. Il participera les 19 et 20 août au sommet Turquie-Afrique à Istanbul.

Ce n’est pas tout. La Turquie a accueilli le président iranien Ahmadinejad pour tenter une médiation sur le nucléaire iranien tandis que des dizaines d’attentats se sont perpétrés dans le pays depuis quelques années. L’islamisme ou le nationalisme turc vous inquiète ? Le passé douteux des chefs islamistes comme Erdogan n’est pas vraiment de nature à rassurer. Le premier ministre actuel avait été condamné pour avoir cité le poète Ziya Gökalp en 1998 :

« Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats. Personne ne pourra faire taire la prière du muezzin ! Même si le déluge nous tombe sur la tête et les volcans déversent leur lave sur notre chemin, jamais nous ne ferons marche arrière. »

La Turquie entretient un rapport ambigu avec l’Occident, qu’il soit américain ou européen. Elle est réputée pour être un pays laïc, allié des Etats-Unis et d’Israël, admirateur de la politique de Mustapha Kémal, modèle de tolérance parmi les pays à dominante musulmane. Plusieurs éléments sont mis en avant aux yeux des occidentaux : ceux qui souhaitent qu’elle n’intègre pas l’Union Européenne y voient le « cheval de Troie des Etats-Unis ». Les autres y voit un pays laïc et moderne. Ces deux conceptions s’opposent dans les débats européens.

Un « Janus géopolitique »

La réalité est tout autre. Les Turcs qui souhaitent l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne mettent en avant le modèle laïc qu’ils ne respectent pas. Ce sont les islamistes du parti AKP, du premier ministre Erdogan. Ils sont de plus en plus nombreux, soutenus et relayés par de puissantes organisations comme la Suleymanciyya ou la Naqshbandiyya. Le parti kémaliste s’oppose à eux sans réelle emprise sur la société. L’armée constitue le véritable contre-pouvoir laïc en Turquie. Elle fait partie des organismes de contrôle et de censure des médias. Les militaires s’opposent à l’intégration européenne, car ils y voient une grave compromission de l’indépendance turque. Pour les Turcs, le Derin Devlet (l’Etat profond) doit être maintenu à tout prix. Ils sont intransigeants sur ce point. De l’autre côté, les islamistes recherchent les fonds structurels qui permettraient à la Turquie de devenir une puissance régionale incontournable. Car la Turquie s’appuie sur l’Europe pour essayer de contrôler l’Asie. Elle constitue ce que Alexandre Del Valle appelle un « Janus géopolitique » (Le dilemme Turc), en référence au dieu à deux faces. Elle entretient de solides relations avec les pays turcophones d’Asie Centrale et avec le Moyen Orient, mais elle s’appuie sur l’Europe.

L’intégration de la Turquie à l’Union Européenne a été soumise à 4 critères essentiels, les « quatre conditions de 1987 » : la promulgation et le respect des droits de l’homme, la reconnaissance du génocide arménien, le respect des minorités chrétiennes, juives et kurdes ainsi que la reconnaissance de Chypre. Le reste des réformes est une question d’économie. Peu à peu, l’Union Européenne tente d’imposer des réformes au gouvernement turc. Celui-ci en fait beaucoup, mais ne fait rien pour la liberté des religions et des minorités. Aucune des quatre conditions n’est vraiment remplie. Le gouvernement ne fait rien sur ce qui pourrait induire une perte de souveraineté. En 2004, le commissaire européen à l’élargissement, Günter Verheugen, reconnaissait que « la pratique de la torture n’est plus systématique en Turquie ». On est rassuré sur les droits de l’homme…Les temps d’antenne des minorités sont considérablement réduits. La propagande officielle laisse entendre que non seulement les Turcs n’ont pas génocidé les Arméniens, mais qu’en plus ils ont été victimes des violences de guérilleros arméniens. Les Chrétiens sont toujours victimes de discriminations, tout comme les Juifs et les Grecs musulmans.

Pour les minorités et les religions, l’intégration européenne est un espoir de liberté. Ils estiment que l’action de l’UE devrait les libérer progressivement. Les derniers séminaires chrétiens ont été fermés récemment. La religion est inscrite sur le passeport turc à des fins de contrôle renforcé.

La Laïcité turque

« La Turquie est laïque, mais moi, je suis musulman. » (Türgüt Özal, ancien premier ministre turc). Tel est l’adage qui prédomine la politique depuis les années 1980. Ce n’est pas précisément ce que l’on entend lorsqu’en France, nous débattons de la laïcité. Le kémalisme laïc est mort dans les années 1960 avec les lois rétablissant les appels publics à la prière, les associations et des partis islamistes, et les cours de religion dans les écoles. La réislamisation du pays commença à cette époque. Depuis, l’armée effectue de temps à autre des coups d’Etat pour rétablir les principes du kémalisme, sans réellement y parvenir. En effet, aujourd’hui, il est impossible aux militaires de résister à l’ascension islamiste. Ils sont progressivement évincés des conseils de surveillance…Les attentats islamistes ou identitaires se multiplient contre les touristes, contre les minorités, témoignant d’une montée en puissance des mouvement radicaux. Récemment, le camp laïc n’est pas parvenu a faire interdire l’AKP par le conseil constitutionnel. Il a manqué une voie…Mais pour l’heure, l’AKP devra se montrer prudent s’il ne veut pas subir les foudres des laïcs. La loi sur le port du voile dans les universités n’est pas passée, mais elle a laissé des traces au sein du conseil constitutionnel.

L’abandon de l’UE

Sous le coup des plaintes du gouvernement islamiste, qui accuse l’Union de ne pas reconnaître les progrès politiques de la Turquie, l’UE abandonne ses positions. La Grèce a levé son veto sur l’intégration de la Turquie, et la Commission reconnaît les efforts faits par le gouvernement. Progressivement, alors qu’il s’agit d’encadrer l’Islam turc, le cadre laïc dérive avec l’Islam. Le gouvernement français s’est montré favorable à l’intégration turque, avant le référendum sur la constitution européenne de 2005, et l’ouverture des négociations d’adhésion en octobre 2005. Il n’est pas inutile de préciser que depuis l’ouverture des négociations, la Turquie n’a pas avancé dans les réformes demandées par l’UE. L’Union, dans son aveuglement, demande également une réforme de l’armée. Celle-ci doit perdre son influence, pour écarter tout risque de dictature ou de coups d’Etat. Par conséquent, l’Europe demande à ce que la seule force laïque de Turquie disparaisse…

Un “allié” américain

La Turquie est un allié de circonstance. Car l’antiaméricanisme va bon train dans ce pays. Les romans les plus populaires sont ceux qui décrient les USA. L’Amérique est constamment soupçonné de vouloir affaiblir la Turquie. Le pays avait refusé de prêter ses bases militaires aux USA pour envahir l’Irak. Comme allié, on a vu mieux…Le roman Metal Firtina (« Tempête de métal ») raconte la résistance turque à une invasion américaine de la Turquie. Le livre a battu tous les records de ventes de livres, car 82% des Turcs pensent que les USA représentent une menace pour leur pays. En 2005, l’ambassadeur américain Eric Edelman dut démissionner après avoir demandé à la Turquie de s’unir à tous les gouvernements pour contraindre la Syrie à se retirer du Liban. Les réactions furent trop violentes…

L’allié israélien n’est pas en reste. Les Juifs ne sont pas les mieux considérés en Turquie. Le 31 janvier 1997, la municipalité islamiste de Sincan organisa la « nuit de Jérusalem » encourageant les petit Turcs à imiter le Hamas et le Hezbollah dans les rues de la ville. Dans Une aventure de turquisation, Rifat Bali raconte les violences qui eurent lieu à l’égard des Juifs entre 1930 et 1950. Il n’est donc pas étonnant que Mein Kampf, le testament politique d’Hitler ou les protocoles des sages de Sion soient encore très vendus de nos jours (Mein Kampf a été publié 45 fois entre 1940 et 2005) en Turquie.

Ceux qui s’opposent à l’intégration de la Turquie comme « cheval de Troie » des USA se trompent. Nos Philippe de Villiers et Dupont-Aignan n’aiment pas qu’on leur précise que la Turquie est particulièrement antiaméricaine. Et leurs adversaires n’aiment pas qu’on leur rappelle que la Turquie est sous contrôle d’un pouvoir de plus en plus islamiste et raciste.

En conflit contre tous ses voisins

La Turquie est en conflit avec tous les pays limitrophes, et bien plus encore. 73,5% des Turcs pensent qu’ils sont entourés d’ennemis. Elle n’aime pas beaucoup l’Arménie. Elle reste l’allié indéfectible de l’Azerbaïdjan turcophone, en conflit pour le Haut-Karabakh avec l’Arménie. La Turquie est également en conflit avec la Syrie, qui lui dispute le territoire d’Alexandrette, cédé par la France en 1938 pour avoir la paix. Elle est en conflit avec Chypre, et avec la Grèce. Une à deux fois par jours, elle se permet de violer l’espace aérien grec en survolant la mer Egée sans autorisation. Par peur, la Grèce a cédé et levé son veto. Elle est en conflit avec l’Irak, soupçonné d’abriter la base arrière des rebelles kurdes…Enfin, sa politique de l’eau la place en délicatesse avec la Syrie et l’Irak.

Et on voudrait l’intégrer…

Dans Le dilemme turc, Alexandre Del Valle en témoigne : les frontières turques ne sont pas sécurisées. N’importe qui peut passer. Si l’Europe devait l’intégrer, elle rejetterait le contrôle de la frontière à la Turquie, incapable d’endiguer les flux terroristes.

Intégrer l’UE, pourquoi faire ?

Forte d’une importante communauté turque en Europe (100 000 Turcs en Alsace, soit bien plus que le nombre de chrétiens en Turquie), elle compte intégrer l’Union Européenne pour se donner les moyens de sa puissance. Elle serait un pont important entre l’Europe et l’Asie. En effet, elle entretient des liens privilégiés avec les pays turcophones d’Asie centrale. L’Europe aurait donc tout intérêt à intégrer la Turquie pour influencer l’Asie centrale et sécuriser les approvisionnements en pétrole. Dans cette position, la Turquie deviendrait indispensable. Son pouvoir en serait considérablement accru. Avec 100 millions d’habitants dans une décennie, elle contrôlerait le Parlement et la Commission Européenne, instrumentalisant ainsi les pays européens. Elle pourrait donc dominer une partie de l’Europe et une partie de l’Asie. « Dreaming West, but moving East » (Rêver de l’ouest, mais agir à l’est) tel est le slogan des élites d’Ankara, souvent répété pour montrer qu’elles ne sont pas vendu à ceux que les journalistes appellent les « américano-sionistes ».

Car ce dont rêve les islamistes est le califat, c’est-à-dire l’héritage politique du prophète. L’empire ottoman était pendant des siècles le phare et l’exemple de la civilisation musulmane. Les descendants des Ottomans ne l’ont pas oublié. On n’efface pas 500 ans de Califat avec une révolution kémaliste. Pour les islamistes, la Turquie doit restaurer le Califat.

De plus en plus, les Turcs eux-mêmes peinent à comprendre la politique du gouvernement. Les musulmans méprisent l’Europe et le gouvernement islamiste. Accusé d’avoir abattu la Califat, le kémalisme est de plus en plus discrédité. La division s’immisce dans la vie politique, marquée de plus en plus par les attentats.

Et la Turquie voit progressivement son rêve européen s’éloigner au fur et à mesure que l’islamisme se renforce. Mais le débat reviendra.

Vous aviez dit laïque, proaméricaine et pro-israélienne ? A l’heure où Israël menace l’Iran d’une guerre, on a vu des alliés plus fiables…

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Promenade sur la toile (14/08/08)


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L’imbroglio géorgien

L’imbroglio géorgien


Les événements récents nous poussent à fournir quelques explications, pour que la situation caucasienne soit un peu plus claire.

Hier, une bombe explosait à Sotchi, au sud de la Russie, sur la Mer Noire. Doit-on y voir la main de Tbilissi, capitale de la Georgie ? C’est la 3e cet été. Toujours est-il que la Georgie envoie des troupes en Ossétie du sud pour empêcher l’indépendance de cette petite région autonome. La capitale de ce pays de 70 000 habitants, Tskhinval, est encerclée. La 5e brigade mécanisée de l’armée géorgienne y a été envoyée. 2 soldats géorgiens ont été tués et 3 autres blessés. Le quartier général de la force russe de maintien de la paix a été bombardé. Les Georgiens ont abattu deux avions russes qui avaient participé au bombardement d’une base, à proximité de Tbilissi. De nombreux volontaires abkhazes et ossètes se dirigent vers l’Ossétie du sud. La situation sanitaire est dramatique : les hôpitaux sont pleins, les victimes sont opérées dans les couloirs, tant l’espace se fait rare.

La Russie ne reste pas inactive. Il semblerait qu’une colonne de militaires russes soit entrée en Ossétie du sud. “Nous ne permettrons pas que la mort de nos compatriotes reste impunie, les coupables recevront le châtiment mérité” annonce la Russie. Poutine envisage une « réponse » aux agissements georgiens. La Russie accusait hier la Georgie de se préparer à la guerre. La voilà rassurée sur les intentions géorgiennes. Le ministre georgien de la réintégration, Temuri Yakobashvili, explique au Figaro : «On a parfois l’impression que la Russie n’arrive plus à se faire obéir des bandes qu’elle a armées», car il n’est pas dans son intérêt de provoquer aujourd’hui un tel conflit. Toujours est-il que la Russie vient d’accuser la Georgie de “nettoyage ethnique”, tandis que l’on annonce déjà des centaines de victime dans la région.
Aujourd’hui, tous les pays appellent à la paix. Un cessez-le-feu a été instauré par le gouvernement georgien. Car ce problème est à replacer dans un contexte plus large. La Russie accueillera en 2014 les jeux olympiques d’hiver en la ville de Sotchi, riveraine du Caucase et de la mer Noire. Cet été, trois bombes ont explosé dans cette ville. Les Russes ont déjà dépensé 10 milliards pour ces jeux. Par conséquent, la Russie souhaite régler les problèmes politiques au plus vite, sans abandonner ses propres intérêts.

Le président Saakachvili, au pouvoir depuis 2004, cherche à récupérer la région autonome d’Ossétie du sud et les républiques autonomes d’Abkhazie et d’Adjarie. Ayant étudié aux USA, le président est proaméricain. Pour lui, l’indépendance de la Georgie passe par l’alliance atlantique. Il considère l’Ossétie du sud comme un prétexte. Les Georgiens sont persuadés que le regain de tension en Ossétie est destiné à détourner l’attention des Occidentaux de l’Abkhazie, pour laquelle un plan de paix est en cours d’élaboration. «Nous n’avons aucun intérêt à une confrontation armée avec Tskhinvali, bourgade perdue d’une vallée du Caucase ; ce conflit se résoudra si la question abkhaze se règle» affirmait un diplomate.

Objet de toutes les convoitises et toutes les manipulations depuis le XVe siècle, asservie par les Ottomans, libérée avec l’aide des Russes, détruite par les soviétiques, la Georgie est aujourd’hui le jeu des ambitions russes, américaines, européennes et chinoises. Elle est membre du Conseil de l’Europe, antichambre de l’Union Européenne, depuis le 27 août 1999 ainsi que de la CEI, depuis 1992. La Georgie est l’objet d’une politique de voisinage de la part de l’Union Européenne ; elle souhaite également faire partie de l’Union Européenne (voir l’interview de Zourabichvili). La situation intérieure s’est dégradée depuis novembre 2003, date de la Révolution des Roses qui destitue le dernier symbole unitaire du pays, le président Chevardnadze, ancien ministre des Affaires Etrangères d’URSS. M. Saakachvili est élu en 2004. Par le biais du Mouvement National Démocrate, celui-ci contrôle 95% du Parlement, ce qui lui donne le pouvoir de réprimer l’opposition. L’opposition ne s’exprime plus sur les ondes et le pouvoir reste aujourd’hui incontesté. Récemment, la ministre des Affaires Etrangères Salomé Zourabichvili, franco-géorgienne, a du démissionner parce qu’elle prétendait que les mafias et les réseaux de corruption avaient leurs entrées au gouvernement. En septembre 2007, le ministre de la Défense Irakli Okrouachvili est arrêté après avoir affirmé que le président avait par le passé commandité des meurtres de personnalités influentes. Il a été arrêté pour extorsion de fond et blanchiment d’argent. Des milliers de manifestants avaient protesté. En octobre 2007, à la suite des déclarations du chef de l’Eglise Orthodoxe, les partis d’opposition réclament une monarchie constitutionnelle. Le parlement se déclare prêt à débattre. La réaction ne se fait pas attendre : le président instaure l’état d’urgence pendant 15 jours. Il accuse les services spéciaux russes de fomenter des troubles. Trois diplomates russes sont alors expulsés.

La Georgie fait partie de l’Asie. Elle n’a ni une culture occidentale, ni une culture orientale. Elle a sa propre langue. La Géorgie devenait en 1999 le 41e État membre du Conseil de l’Europe. La même année, elle signait un accord de coopération avec la Turquie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, pour la construction d’un oléoduc stratégique reliant Bakhou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (Turquie). Prévue en 2004, son ouverture devait permettre de réduire la dépendance économique de la Géorgie à l’égard de la Russie. Dans le même temps, elle se rapproche de l’Union Européenne, seule porte de sortie entre les USA et la Russie. En 2005, en accord avec l’UE, elle supprime les visas pour les Européens. Mais elle reste le terrain de jeu d’ambitions rivales et contradictoires entre les deux géants russes et américains, l’UE se contentant de suivre les USA.

Ces rivalités profitent de la mosaïque culturelle qui caractérise la Georgie pour tenter de s’imposer. La Georgie souhaite s’émanciper de la Russie, mais les velléités indépendantistes de certaines minorités lui compliquent considérablement la tâche. Les Russes soutiennent ces velléités pour faire pression sur Tbilissi tandis que les USA soutiennent le gouvernement, remplaçant peu à peu, depuis 2004, les militaires russes dans leurs propres bases. Il est aujourd’hui incontestable que les rivalités profitent aux USA qui obtiennent plus ou moins ce qu’ils veulent sans faire de concession.
La plupart des minorités linguistiques parlent le russe comme langue seconde, non le géorgien. Ainsi, en 1989, moins de 3 % des Abkhazes, moins de 10 % des Azerbaïdjanais et environ 20 % des Arméniens vivant en Géorgie déclaraient parler couramment le géorgien. De fait, le russe est, après le géorgien (langue officielle), la langue la plus répandue dans le pays. Le russe sert de langue des communications inter-ethniques, surtout de la part des Azéris, des Arméniens et des Géorgiens. La quasi-totalité de la population est encore bilingue (russe / langue maternelle), mais une tendance semble se dessiner pour l’abandon du russe en faveur de l’anglais considéré maintenant comme plus prestigieux. Toutefois, l’abandon du russe attire des critiques, car les enfants ainsi éduqués se révèlent incapables de communiquer avec leurs voisins du Caucase. Pour compléter le tableau, la Djavakhétie comporte une forte minorité arménienne qui voit d’un très bon œil le rattachement de la région à l’Arménie. L’Arménie, très isolée au milieu des terres, trouverait ainsi de nouveaux débouchés. La Georgie a donc refusé la statue d’autonomie, provoquant ainsi de multiples tensions.

Toute opposition est contestée par le pouvoir, y compris celles des régions autonomes. En 2004, à la suite des élections, l’Adjarie fait les frais des velléités nationales du président. La région, ou plutôt le très autocrate Aslan Abachidzé, fait sécession. Les Russes, qui ont des bases sur place, et l’armée géorgienne ainsi que les manifestations progeorgiennes dissuadent les indépendantistes d’Adjarie.
L’Abkhazie comptait en 1989 près de 500 000 Georgiens. Les Abkhazes ne représentaient que 17% de la population. En 1993, suite à la sécession, 250 000 personnes sont déplacées. Ils représentent aujourd’hui 45% de la population abkhaze. Les Russes, les Arméniens, les Georgiens et les Grecs constituent le reste de la population. Les aménités ne manquent pas : Le tourisme et l’immobilier s’envolent. La façade maritime de la région lui octroie d’importants débouchés que convoitent les Russes. Sans oublier la viticulture qu’Alexandre Dumas célébrait déjà en son temps. En juin, les tensions sont reparties avec les manœuvres de Tbilissi pour affaiblir la région. La Russie n’a pas hésité à survoler la région pour surveiller les déplacements. Soutenant les séparatistes, elle a néanmoins refusé d’entrer en guerre. La Russie a fini par se rallier au plan de paix proposé par l’Allemagne. Celui-ci prévoit la fin des hostilités et propose le retour des 250 000 Georgiens expulsés en 1992. Les séparatistes refusent ce plan, mais ils se trouvent particulièrement isolés.

1991, l’Ossétie du sud prend son indépendance et souhaite rejoindre la fédération de Russie. Mais le référendum de 1992 est annulé et les Georgiens la leur retire. La population migre massivement vers l’Ossétie du nord. Elle a été divisée et répartie sur plusieurs régions administratives de Georgie. En 1994, les nationalistes profitent d’un rapprochement avec l’Ossétie du Nord pour proclamer l’indépendance d’Ossétie du sud. Le conflit couve depuis cette époque. Il s’est accentué depuis 2004. Les nationalistes sont majoritaires dans cette région. Ils veulent la réunification de l’Ossétie. En 2006, un référendum avait donné la majorité aux nationalistes. Les USA et l’UE ont dénoncé ce référendum.

Entre une Russie qui perd peu à peu de l’influence et une diversité ethnique gravement instable, la Georgie cherche à s’émanciper des Etats-Unis en se tournant vers l’Union Européenne et en renforçant ses liens avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Mais pourra-t-elle surmonter les nationalismes d’Adjarie, d’Abkhazie, d’Ossétie du sud ou de Djavakhétie pour garantir une stabilité nationale, seul préalable à une véritable prospérité économique ?

Il est intéressant de constater que la communauté internationale refuse dans son ensemble ce qu’elle a accordé au Kosovo. Les indépendances demandées sont refusées, et les référenda ne sont pas reconnus. La logique est actuellement à l’évacuation de la Russie, car, en conservant le Kosovo à la Serbie ou en accentuant l’autonomie des régions séparatistes géorgiennes, la Russie en tirerait profit.

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Promenade sur la toile (28/07/08)


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Agacement irlandais

Agacement irlandais


Selon un sondage publié aujourd’hui, une immense majorité des Irlandais rejette l’idée d’une nouveau référendum sur le traité de Lisbonne :

- 71% des Irlandais sont contre la tenue d’un nouveau référendum ; 24 % sont pour ce nouveau référendum.

- 62% des personnes interrogées voteraient “non” s’il devait avoir lieu.

- 17% des personnes ayant voté “oui” au traité voteraient “non” cette seconde fois, contre 6% de “oui” pour les personnes ayant voté “non” au traité.

- 67% des Irlandais pensent que le “non” irlandais n’est pas respecté par les autres pays eropéens.

- 53% des Irlandais ne sont pas sûres de voter pour Brian Cowen aux prochaines législatives s’il organise un second référendum…

Ce sondage a porté sur 1006 personnes. Les résultats sont claires : un immense pied-de-nez au président Sarkozy…

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Emploi des clandestins et patrons voyous

Emploi des clandestins et patrons voyous


“Cher Brice, ma réponse est un double non.” La phrase est cinglante, à la limite de la prétention. Nous voyons qui domine. Cette réponse fut adressé par le ministre allemand de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, à notre Brice Hortefeux adoré. Plusieurs pays du nord et de l’est de l’Europe se sont opposés aux pays confrontés à l’immigration, ceux du sud de l’Europe, dont la France. La présidence française proposait de sanctionner pénalement l’emploi de clandestins et d’imposer des inspections.

Le travail au noir a encore de beaux jours devant lui.

La présidence française commence magnifiquement bien. Les échecs s’accumulent, dévoilant l’incapacité chronique des Français à résister à une Europe allemande. Et l’emploi de clandestins restent une bonne chose…

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Declan Ganley, leader irlandais du non : “we do not want unaccountable elit making our laws and governing us”

Declan Ganley, leader irlandais du non : “we do not want unaccountable elit making our laws and governing us”


En exclusivité, e-deo met en ligne la (passionnante) conférence de l’entrepreneur Decal Ganley tenue le 15 juillet 2008 à l’Heritage Foundation, le plus gros think-tank conservateur des Etats-Unis basé à Washington D.C.. Partie 2 :

(durée : 4 minutes)

  • Partie 1 : “if you read the Lisbon treaty, you will vote no”

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“Modernisation” des institutions : une réforme pour tromper le peuple

“Modernisation” des institutions : une réforme pour tromper le peuple


par Bruno Gollnisch

Le “projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Vè République”, loin de tenir les promesses du candidat Sarkozy, vise à tromper les Français.
Pas d’instauration de la plus petite dose de proportionnelle. Des millions de Français resteront sans une seule voix pour porter l’écho de leurs souffrances et de leurs espoirs dans ce que l’on ose encore appeler la représentation nationale.
Pas de réforme de l’inepte système de parrainage pour l’élection du Président de la République, pourtant presque unanimement contesté lors des dernières élections.
Quelques réformettes servent d’écran de fumée. Le referendum d’initiative populaire est un leurre. Il requiert une pétition de près de quatre millions d’électeurs, l’appui de presque deux cents parlementaires, et le processus peut à tout moment en être interrompu. Le droit d’amendement individuel des Parlementaires disparaît. Au demeurant, les trois quarts de leur activité se résument à la transcription des lois européennes dans le droit français.
La réforme du Conseil de la Magistrature n’affecte en rien la politisation de ce corps. S’agissant du pluralisme dans les Médias, aucune garantie contre les traitements discriminatoires tels que celui que subit le Front National. Au lieu de faire lire un message, le Président pourra venir en personne devant le Parlement, mais ses propos ne donneront lieu à aucun débat. De qui se moque-t-on ?

Le plus grave : la suppression de l’obligation du referendum pour l’adhésion d’un nouveau membre de l’Union européenne. C’est le verrou qui empêcherait l’adhésion de la Turquie. Sarkozy a dit, pour être élu, qu’il était contre cette adhésion. Pour plaire à ses alliés européens et américains, il va maintenant la négocier.

24 révisions depuis 1958, record du monde ! Pauvre Constitution, si violentée que l’on pourrait lui appliquer le mot de Pagnol au sujet d’une dame de mœurs légères : « il n’y a que le tramway qui n’est pas passé dessus ». Ce n’est pas de cette piètre opération que les droits des Français sortiront renforcés.

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L’UE sombre dans le totalitarisme doux

L’UE sombre dans le totalitarisme doux


par Ludovic.

** La discussion qui suit est véridique. Elle s’est tenue le 27 mai 2005 sur la chaîne Public Sénat. Nous sommes à deux jours du référendum sur la Constitution européenne. Sur le plateau, deux hommes débattent : Paul-Marie Coûteaux - euro-député souverainiste - et Philippe Moreau Defarge, ministre plénipotentiaire, chercheur au très mondialiste Institut Français des Relations Internationales (IFRI) et enseignant à l’IEP Paris.

« On construit le peuple »

** Dès le début, M. Moreau Defarge parle des « citoyens européens », de leur volonté de créer une politique commune. Toute sa défense du traité constitutionnel tourne autour de ces thèmes. Paul-Marie Coûteaux décide alors de recadrer le débat : « Vous savez, le peuple européen est quelque peu évanescent… ». La phrase est ironique. Le peuple européen n’existe pas ; on ne peut donc créer d’Etat européen. Quand à la supposée « volonté des citoyens européens » de fusionner, elle n’existe que dans l’esprit de certains idéologues. La réponse de Philippe Moreau Defarge fuse : « On construit le peuple ». Même les journalistes, plutôt pour le oui, sont interloqués.

** « On construit le peuple »… Cette affirmation terrible est symptomatique de l’Union Européenne. Chaque jour nous apporte en effet son lot d’actions visant à créer un peuple de toute pièce. De la plus petite directive ordonnée par la Commission au grand traité signé par les états-membres, tout concoure vers un but principal : créer un Etat central européen. Un objectif qui passe par le matraquage des esprits.

** Il s’agit d’abord de créer des mythes et des symboles. Un article spécifique poursuivait ces desseins dans la Constitution rejetée par référendum en 2005, puis imposée par l’exécutif en 2008. L’article I-8 sur les symboles de l’ « Union » tonnait :

« Le drapeau de l’Union représente un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu

L’hymne de l’Union est tiré de l’Ode à la joie de la Neuvième symphonie de Beethoven

La devise de l’Union est : « Unie dans la diversité »

La monnaie de l’Union est l’euro

La journée de l’Europe est célébrée le 9 mai dans toute l’Union ».

Il est intéressant de noter que la question monétaire figure ici dans les symboles de l’Union. Comme nous l’avons vu précédemment (La lettre numéro n°45), l’euro n’est pas viable économiquement. Il vise tout autant à unifier des économies diversifiées qu’à modeler les esprits des peuples européens.

** Ceux qui auront pris la lecture en cours penseront sans doute que nous parlons de l’Union Soviétique des années 60. Eh bien non ! Il s’agit bel et bien de l’Union Européenne de 2008. Et vous n’avez encore rien vu…

Les panneaux d’autoroutes ou la taille des camemberts : des directives pensées

** Car l’Union pense à tout. Et la Commission a décidé de s’attaquer à toutes les habitudes des peuples d’Europe. Chaque jour, des directives d’apparence insignifiante obligent les nations à changer leurs comportements. Il s’agit pour l’essentiel de lois anodines.

D’où vient par exemple cette subite volonté affichée par Nicolas Sarkozy de changer les plaques d’immatriculations ? Il faut diriger nos regards vers Bruxelles. La Commission tient absolument à ce que toutes les voitures en Europe portent le même affichage. En France cela se traduira surtout par l’abandon des numéros de départements. La raison officielle inventée par l’exécutif français fut l’ « avantage » pour le consommateur d’avoir une plaque à vie. Rappelons que si l’inscription du numéro de département sera absente – sauf demande expresse -, celle du drapeau européen restera, et il n’est pas laissé le choix de l’enlever.

On bouscule les habitudes, on efface les régions…

** Toute aussi significative est la volonté farouche de l’UE d’uniformiser les signalisations sur les autoroutes. Les panneaux bleus familiers annonçant l’A1 ou l’A10 sont désormais affublés d’affichages verts signalant l’E15 ou l’E5 (E pour « Européenne »). Le bleu passe au vert, l’A passe en E, les chiffres changent, et une autoroute reliant Paris à Nantes sera dénommée d’un ridicule E50. Tout cela n’a aucune logique. Passées les frontières, il n’y a plus de réseau routier européen. Cerise sur le gâteau, ces nouveaux panneaux de signalisation coûtent très chers au contribuable (comme me le confirma lors d’un déjeuner le patron d’une grande entreprise française opérant dans le domaine).

Ridicule ? Certainement. Mais pas sans incidence. On cherche à investir les esprits, à « construire un peuple ». Récemment, une nouvelles directive étonnante a été adoptée : elle oblige tous les tracteurs ( !) de l’Union Européenne à porter les mêmes plaques d’immatriculation (taille, couleur, forme…) dans l’UE.

** Tous les secteurs sont visés. En gastronomie, on se souvient encore de la directive imposant des normes de taille, de poids et d’ingrédients pour les camemberts ; obligation rejetée momentanément par les producteurs. Aucune raison économique ou sanitaire ne justifiait une telle prise de position.

L’Union européenne, une nouvelle URSS ? *

** Plus proche de nous, l’UE eu l’idée « géniale » de créer une Appellation d’Origine Protégée (AOP). Le sigle, entouré des étoiles du drapeau européen, est censé remplacer notre AOC et les règles propres existant dans certains autres pays d’Europe. Encore une fois, on abat les terroirs, on efface les identités.

** Tout ceci peut sembler dérisoire. Il n’en est rien. Quand des lois n’ont plus de logique, il faut en chercher la raison dans les intérêts privés ou dans les idéologies. L’UE emprunte certains aspects des régimes totalitaires : destruction des liens avec le passé, création forcée de symboles nouveaux, pénétration de plus en plus prégnante dans la vie personnelle de tous les jours. Autant de changements qui – croient-ils – peuvent modeler notre pensée.

Mais on ne moule pas les êtres comme de la pâte à modeler. Plus que tout, on ne peut s’en arroger le droit. Ici est la limite fondamentale qui sépare le respect de la liberté d’autrui et la tyrannie. Plus encore que de conquérir les cœurs, l’UE cherche à modeler les âmes. Elle est un régime totalitaire doux.

* C’est le titre d’un livre écrit par Vladimir Boukovski – l’un des plus célèbres dissidents soviétiques – en 2005 (Editions du Rocher, 19,90 euros).

PS : Dernier exemple en date : lors de la finale de Ligue des Champions (la principale coupe d’Europe des clubs de football du continent), il fut envoyé l’ « Ode à la joie » dans les amplificateurs du stade lors de la levée de la coupe par l’équipe victorieuse. Cette musique était particulièrement inappropriée en la circonstance, mais qu’importe : le but n’était-il pas d’envoyer des flash dans l’esprit des fans de foot ?

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Declan Ganley, leader irlandais du “non” : “if you read the Lisbon treaty, you will vote no”

Declan Ganley, leader irlandais du “non” : “if you read the Lisbon treaty, you will vote no”


En exclusivité, e-deo met en ligne la (passionnante) conférence de l’entrepreneur Decal Ganley tenue le 15 juillet 2008 à l’Heritage Foundation, le plus gros think-tank conservateur des Etats-Unis basé à Washington D.C.. Partie 1 :

(durée : 19 minutes)

  • Partie 2 : “we do not want unaccountable elit making our laws and governing us”

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L’UE fait des concessions

L’UE fait des concessions


L’Union Européenne a décidé de faire un geste à la veille d’une réunion importante de l’OMC. Elle réduit les droits de douanes sur le commerce des bananes. Il s’agit là d’une réclamation des USA et des pays de l’Amérique du Sud.

En effet, l’UE privilégiait jusqu’ici les bananes en provenance des Antilles française. Maintenant qu’elle cède, nous n’avons plus qu’à espérer que la concurrence n’entame pas l’une des seules ressources des Antilles françaises. En 2005, elle s’était engagée à revenir sur sa politique commerciale. Et il faut savoir que ce sont les Antilles françaises qui paieront le prix fort si jamais la concurrence se fait plus dure.

Dormez tranquille. L’UE vous protège et construit votre avenir.

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Colère froide

Colère froide


Les mots de Nicolas Sarkozy n’ont pas manqué de faire effet. L’Irish Time parle de “Colère froide” au sein du gouvernement irlandais après que le président français ait annoncé que les Irlandais devaient revoter. “Il est beaucoup, beaucoup trop tôt pour parler d’un référendum ou d’une quelconque solution pour aller de l’avant“, a réagi le ministre irlandais des Affaires étrangères, Dick Roche, au micro de la station de radio Newstalk.

Cette présidence de l’UE paraît bien mal engagée. Surtout si Sarkozy se met à dos les Irlandais pour le référendum, les Allemands pour la baisse de la TVA sur la restauration, les autres Européens pour les aides à octroyer aux pêcheurs et pour l’Union méditerranéenne, etc…

Il faut croire que la méthode qui a fonctionné en France ne suffit pas au niveau international. Il paraît qu’il a traité les militaires d’amateurs. En l’occurence, il doit savoir d’expérience de quoi il parle.

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Revotage


C’est confirmé…Les Irlandais devront revoter “pour” la constitution européenne. Nicolas Sarkozy, président de l’UE, l’affirme aujourd’hui devant les députés UMP.

Vive la démocratie !

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L’autruche et l’Europe

L’autruche et l’Europe


Le président Sarkozy nous offre aujourd’hui une parfaite illustration de la fameuse “politique de l’autruche” dont seule une technocratie insouciante telle que nous la connaissons actuellement est capable. Pour rassurer ses partenaires européens, il a déclaré : “Je veux leur dire que la France est en train de changer”, “beaucoup plus vite, beaucoup plus profondément qu’on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit. Des applaudissements ont suivi.

Personne ne s’en aperçoit…Certainement pas le million d’usagers franciliens du RER A qui, mardi dernier, ont subi une grève sauvage et totale parce qu’un conducteur avait été agressé en dehors de son service. Je ne vais pas revenir sur les nombreuses grèves de ces dernières semaines, mais je voudrais souligner l’incohérence complète, l’aveuglement totale d’une politique détachée du peuple. Le président ne se soucie que de l’Europe. Le reste, il faut laisser faire. Les technocrates applaudissent, eux qui ne savent pas à quoi ressemblent une rame de RER. Les Français ne sont pas officiellement gênés par la grève. Le président ferait mieux de constater sur le terrain, lui qui n’a pas pris le métro depuis belle lurette. Il pratique donc très bien la politique de l’autruche, préférant ignorer la réalité plutôt que la regarder fixement. Un scandale. Un aveu d’incompétence. Car nous sommes encore dans une période où les syndicats font ce qu’ils veulent, déclenchent des grèves comme ils l’entendent, sans jamais assumer les incidents qui en découlent.

Peut-être est-il sur le point d’obtenir quelques avantages européens, notamment sur la baisse de la TVA dans le domaine de la restauration (il vient de recevoir le soutien de la Commission Européenne) ou sur la baisse des taux d’intérêt de la banque centrale, cela n’arrangera rien au problème de fond, celle d’une société où quelques privilégiés (syndicats, sans-papiers, immigrés, homosexuels, féministes ou minorités diverses) font la loi comme elle l’entendent.

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L’Europe vue par Sarkozy…

L’Europe vue par Sarkozy…


…ça donne à peu près ceci:

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L’Europe en panne d’identité

L’Europe en panne d’identité


Jean-François Mattei signe une tribune dans Le Figaro. Extrait :

Doit-on pour cela non seulement refuser les racines chrétiennes, parce que l’Europe, selon les beaux esprits, n’est pas un club chrétien, mais aussi ses racines grecques, car, ont insisté les mêmes, la Grèce était esclavagiste, et bientôt ses racines rationnelles, puisque les Lumières n’ont éclairé qu’un esclavage qui répugne aux Indigènes de la République ? Faut-il enfin abolir tout passé, et donc toute identité à force de le juger à défaut de l’assumer ?

Contre ce refus qui oscille entre la mauvaise foi et la bonne repentance, Karel Kosik, le philosophe marxiste tchèque, affirmait que «l’Europe, c’est la Grèce antique, le christianisme, les Lumières c’est Diderot, Mozart, Kant». Mais c’était pour déplorer, dans Un troisième Munich ?, que ce monde n’existe plus quand l’Europe postcommuniste se trouve vouée au «rien» ou au «trop-plein de vide». Que pourrait-elle alors promettre à ses habitants ? L’Europe sera promise à elle-même quand elle fera vivre la culture commune qui a forgé son âme. Elle saura alors qui elle est et quels pays peuvent s’en réclamer, car une promesse n’a de sens que si elle tient à elle-même, c’est-à-dire à son identité.

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Coup de théâtre en Pologne!

Coup de théâtre en Pologne!


Le président polonais Lech Kaczynski annonce qu’il ne signera pas le traité de Lisbonne en raison du “non” irlandais, dans une interview diffusée mardi par le quotidien Dziennik.

Prié de dire s’il ratifiera le traité, qui a déjà été approuvé en avril par les deux chambres du parlement, le président conservateur répond: “C’est désormais inutile.” Il juge “difficile” de prédire comment le dossier de la ratification se règlera.

La bonne nouvelle coïncide avec l’arrivée de la France aux commandes de la présidence de l’Union européenne, pour un mandat de six mois. Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi sur France 3 son intention de poursuivre le processus de ratification malgré le “non” irlandais : ”la première priorité pour nous (c’est de) circonscrire le problème aux Irlandais et que les autres continuent à le ratifier.”

Ce nouveau coup de théâtre et les difficultés de ratification à prévoir en République tchèque en raison de l’euroscepticisme de son Président Vaclav Klaus enterrent de facto le traité de Lisbonne, copie du traité instituant une constitution pour l’Europe rejeté par les peuples français et hollandais en 2005.

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Présidence, pour faire quoi ?

Présidence, pour faire quoi ?


Alors que Paris prend aujourd’hui la présidence du Conseil de l’Union Européenne, le président polonais vient de refuser de ratifier le traité de Lisbonne. Compéltant le non irlandais, ce nouveau refus risque de compromettre gravement l’avenir du traité. Il entraînera peut-être une désaffection de la république tchèque. L’effet domino, comme on dit.

“Il est difficile de dire comment cela finira. En revanche, l’affirmation selon laquelle il n’y a pas d’Union s’il n’y a pas de traité n’est pas sérieuse” affirme le président polonais. En ce qui concerne d’une éventuel isolement diplomatique de l’Irlande, il continue : “Si on brise la règle de l’unanimité une fois, elle n’existera plus jamais. Nous sommes trop faible pour accepter ce genre de solution.”

Un échec du traité de Lisbonne serait pour la diplomatie française un aveu d’incompétence. Sur l’environnement, le président a déclaré ne pas pouvoir mener de réforme avant la fin du mandat français. Aveu d’incompétence ? Le président français affirmait dans une récente intervention qu’il fallait “Faire de l’Europe un moyen de protéger les Européens dans leurs vies quotidiennes.” Cela signifie-t-il que le gouvernement français est incapable d’assurer la protection des Français ? Un aveu d’incompétence, là aussi. Il faut ajouter que les 27 ont refusé que la France baisse la TVA sur le pétrole. Comment rendre l’Union Européenne populaire ? Les Français râlent contre un pétrole trop chères, mais les 27 ne veulent pas les écouter. C’est une équation inssoluble. Depuis 2002, la France réclame pour la restauration une TVA à Taux réduit (5,5%). Les autres pays, l’Allemagne en tête, s’y oppose foncièrement. Comment veut-il rendre l’Europe populaire ?

Dans le même temps, la majorité parlementaire passe outre la volonté du Sénat et l’opinion publique en aménageant le référendum prévu pour toute nouvelle intégration à l’UE. Pour ne pas déplaire à Ankara, la majorité voudrait que le référendum soit empêché si la Parlement a déjà voté pour une ratification par voie parlementaire. Comment cette majorité et le gouvernement pro-européens veulent-ils rendre l’Ue populaire alors qu’eux-mêmes ne le sont pas, alors qu’ils négligent la volonté populaire ? Comment rendre l’UE populaire alors que la majorité et le gouvernement passe outre la volonté populaire et refuse la tenue d’un référendum français en ce qui concerne le traité ? Autant de contradiction et d’incompétence que le gouvernement ne pourra pas résoudre aisément.

La présidence française est mal partie.

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Bruxelles s’attaquera-t-elle à la blogosphère ?

Bruxelles s’attaquera-t-elle à la blogosphère ?


blogosphèreLa liberté de parole des blogs inquiéterait-t-elle les eurodéputés ? Le rapport d’une élue estonienne invite en tout cas le parlement européen à encadrer plus strictement la blogosphère, qu’elle considère comme dangereuse : “les blogeurs sont en position de polluer considérablement le cyberespace“, soutient Marianne Mikko. Des mesures encad