L’article de Rue 89 provoque des remous au sein de la “réacosphère” (concept fumeux pour journaliste fumiste, on sait) :
L’excellent Bal des dégueulasses se saborde. Son auteur justifie sa décision en ces termes :
J’ai supprimé mon blog cette nuit car il y a clairement et explicitement une campagne de nettoyage éthique qui se prépare. Il serait idiot de se faire avoir comme des débutants, alors que la gauche extrême nous montre la voie.
Je vais essayer de réfléchir, cet été, à des moyens plus sages pour continuer le combat. Je pense qu’il vaut mieux être prudent…
Déjà je vais abandonner le bloguing au sens strict. Les billets d’actus c’est sympa deux minutes, mais ça draîne tout un tas de flics de la pensée qui ne cherchent que la suite de trois mots capable de vous envoyer en correctionnelle. Ecrire des textes plus vagues, ou mieux, fictionnels, c’est la garantie de n’avoir aucun emmerde, tout en diffusant le doute.
Bonne continuation. Pour moi, l’aventure va se jouer ailleurs.
Puis il précise ce qui l’a poussé à prendre cette décision :
- la campagne de désinformation de sites comme Rue89, de Libé, etc. Ils mènent volontairement et sciemment une campagne d’amalgames (Réacosphère -> Desouche -> French Pride -> Marine Le Pen -> donc la réacosphère est nazie, CQFD). Une fois que vous avez été lepenisé, on vous fait taire quand bien même vous voudriez parler de la météo ou des courses hippiques.
- une dénonciation publique sur un site gay militant sentant bon la menace d’action en justice (la frénésie procédurière est une quasi condamnation au silence, de facto).
- la volonté manifeste des autorités de vouloir nettoyer la blogosphère en supprimant l’anonymat
Il faut mieux choisir soi-même l’heure de sa retraite. C’est un peu lâche, mais quand le nettoyage éthique aura lieu, j’aurais (j’espère) accompli ce qui occupe mon esprit en ce moment.
Pour tout dire, je crois que partager mes états d’âme “réactionnaires” (j’adore ce mot : “Seuls les morts ne réagissent plus”, Bernanos) est une pose agréable, mais que ce serait encore mieux si par un récit j’arrivais à contaminer les gens, à “instiller le doute, ce poison de l’esprit”.
Une belle invitation à ne pas se contenter de décrire avec talent, ironie et irrespect la décadence et le règne actuel de la nullité médiatico-politique mais à agir, à proposer. Bref, à ne pas se complaire dans la posture de l’éternel réac.
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