L’Eglise Vietnamienne dans la tourmente

L’Eglise Vietnamienne dans la tourmente


Au début de l’année dernière nous évoquions le sort des catholiques vietnamiens : ils avaient pour la première fois décidé de manifester, et ce de manière pacifique, devant l’ancienne nonciature apostolique d’Hanoï pour réclamer la restitution de biens spoliés à l’Eglise par l’Etat marxiste. Malgré les intimidations et les violences exercées par les autorités gouvernementales sur les manifestants, les chaines de prières ont tenu bon.

Le mouvement s’est même intensifié depuis la fête de l’Assomption de Marie (15 Août) et les évenements qui ont suivi. Dans la nuit du 13 au 14 Août dernier, les paroissiens d’Hanoï se sont en effet rassemblés sur le terrain illégalement occupé par l’entreprise Chien Thang, ils ont traversé les clôtures et ont transporté une statue de la Vierge à l’intérieur de l’édifice, avant de renouveler l’opération le lendemain, 15 Août, jour où ils sont entrés en procession avec une grande croix et une statue encore plus majestueuse de la Sainte Vierge. Contre toute attente les autorités n’ont eu aucune réaction : les paroissiens ont pu prier dans la paix et fêter dignement leur Reine Victorieuse. Cepandant l’Ennemi, tenu miraculeusement en respect, n’avait pas dit son dernier mot. Et dès le 19 Août une gigantesque campagne de calomnies orchestrée par le gouvernement a été diffusée à la télévision et dans les journaux vietnamiens, niant les droits de la communauté catholique. Le 22 Août des prêtres et quelques laïcs de la paroisse Thai Ha ont rencontré les représentants du Comité Populaire de l’arrondissement Dong Da de Hanoï pour rétablir la Vérité tandis que plusieurs autorités religieuses, dont l’archeveque d’Hanoï, Mgr Joseph Ngo Qiang Kiet, exprimaient leur “profonde communion avec le mouvement de prières. L’archeveque d’Hanoï a prié pour que Justice soit rendue. Mais le Comité Populaire n’a rien voulu entendre et a intenté une action en justice pour destruction de biens et troubles à l’ordre public. Afin de décourager le mouvement qui continuait à gagner en ampleur, des catholiques ont été arrêtés. 500 manifestants sont venus pacifiquement réclamer leur libération devant le Siège de Sureté et ont été dispersés avec brutalité. Dans la soirée du 28 Août, des agents de police, muni d’un équipement spécial, se sont jetés violemment sur la foule rassemblée devant la nonciature devenue lieu de culte marial, dispersants les manifestants en prières à coups de matraques et procédant à de nouvelles arrestations. Il y aurait de nombreux blessés.

Ce même jour, alors que l’assaut était donné, une célébration eucharistique, en union avec la communauté catholique d’Hanoï, a été célébrée dans l’église ND du Perpétuel Secours. Comme les 3000 catholiques rassemblés ce jour là prions nous aussi pour les martyrs vietnamiens, pour le Salut de leur âme, et afin que Notre Dame leur vienne une nouvelle fois en aide et découvre une issue favorable à leur combat. L’archeveque d’Hanoï appelle tous les chrétiens à cette communion.

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“Il faut assumer les risques de la guerre”

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“Il faut assumer les risques de la guerre”


C’est ce qu’a affirmé mot pour mot le général Jean-Louis Georgelin, chef d’Etat-majors des Armées peu après la nouvelle de l’embuscade qui coûta la vie à dix de nos soldats. Il me semble qu’il ne fait ainsi que rappeler une vérité évidente et irréfutable mais que notre société actuelle a bien du mal à reconnaitre, engoncée qu’elle est dans son matérialisme insipide, son pacifisme pleurnichard et son immoralité irresponsable.

Ce choc de pertes si élevées en un engagement est venu rappelé aux français ce qu’ils semblaient avoir oublié au moins depuis 1962, à savoir qu’une guerre provoque inévitablement des morts et qu’aucune guerre ne peut être considérée comme propre. Mais il rappelle aussi que la notion de paix perpétuelle, chère à nombre de nos universitaires et plumitifs, n’est qu’un leurre et que la guerre, faisant partie intrinsèque de la nature humaine, hantera toujours notre quotidien sous quelque forme que ce soit. Du reste, les pertes françaises en Côte d’Ivoire avaient déjà rappelé cette dure vérité, mais l’opinion publique s’est vite empressée d’oublier.

Le général Georgelin rappelle aussi que capituler sous le coup de l’émotion et retirer nos troupes d’Aghanistan sous le choc de ses pertes et la crainte d’autres à venir équivaudrait à une défaite, tant militaire que morale, aux conséquences désastreuses. Rester aux côtés de nos alliés occidentaux est d’autant plus nécessaire que la France n’est plus en mesure actuellement d’assurer seule sa défense et ne peut être efficace que dans le cadre d’une action multilatérale. Il rappelle aussi que le terrorisme international et les actes de guérilla engendrés par Al Qaida dans ce pays ont bien une vocation mondiale et que la France ne peut s’en tenir à l’écart. Là encore, il a parfaitement raison, ne faisant ainsi que rappeler une réalité géopolitique fondamentale de notre époque. Certains ont bon dos de clamer que la guerre contre le terrorisme n’est qu’un slogan creux destiné à justifier l’impérialisme américain et sa main-mise sur les régions fertiles du Proche-Orient. De toutes évidences, ces gens méconnaissent notre monde, ou ont d’autres intérêts en vue. Tribord a déjà rappelé quels milieux politiques et idéologiques qui souhaitent à tout prix ce retrait: les gauchistes pacificards et antimilitaristes de la LCR, LO et du Parti Communiste, la droite nationale du FN qui confirme dangereusement son orientation anti-américaine et pro-arabe, les écolo-mondialistes de Bové et Mamère, et ne parlons même pas des conspirationistes Messan, Nabe, Soral and Co. Au passage, ce sont également les mêmes qui souhaitent de plus en plus ouvertement l’éradication de l’état d’Israel, l’accession au pouvoir du mouvement terroriste Hamas, une entente avec les cités islamisées. Bref, des gens dignes de confiance.

C’est pourquoi il apparait plus que nécessaire de non seulement relancer l’effort de guerre français en Afghanistan (et ailleurs, les conflits militaires confirmant leur ampleur planétaire), mais aussi de contrer efficacement cette dangereuse propagande anti-guerre qui sape les fondements de l’effort de guerre français. Bien sûr, cette constatation n’empêche nullement une remise en cause et un changement radical de la stratégie adoptée, au contraire. C’est d’ailleurs ce que préconise le général Georgelin, en insistant notamment sur l’importance du renseignement. En tous les cas, l’objectif doit rester de ne pas céder. Cela reste sans doute la meilleure façon d’honorer la mémoire de nos compatriotes disparus.

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Orissa : les pogroms antichrétiens continuent

Orissa : les pogroms antichrétiens continuent


Les violences continuent dans l’état d’Orissa (voir la carte en bas de l’article pour le situer), malgré l’appel solennel du pape et du Saint-Siège à l’arrêt de celles-ci. On déplore déjà, outre la destruction de nombreuses églises et institutions, une douzaine de morts chrétiens.

Nous vous parlions de l’attaque du centre social de l’archevêché à Bubaneswar, lors de laquelle une sœur a été violée; de l’attaque de l’orphelinat de Panampur, dont la dirigeante, une moniale, a été brûlée vive; de destructions d’églises et de chapelles. Le même jour - le 24 août - on seulement le centre social de l’archidiocèse a été attaqué, mais aussi le centre pastoral à Divya, la résidence des prêtres à Baliguda, où le couvent et le centre d’accueil ont été vandalisés. Quatre églises de la région ont été attaquées et 12 échoppes appartenant à des dalits (les intouchables) chrétiens ont été brûlées. À Nuagaon, Les fondamentalistes hindous ont également violé une jeune sœur travaillant dans une institution sociale, avant de détruire cette institution.

Le lendemain, l’église catholique de Phulbani a été attaquée et vandalisée, la résidence de l’évêque attaquée. Jamai Pariccha, le directeur de l’agence catholique d’assistance sociale Gramya Pragati, a été agressé - il est actuellement à l’hôpital -, malgré les supplications de sa femme, hindoue : sa maison et sa voiture ont été détruites. À Bhudansahi, la maison de Puren Nayak, un enseignant catholique, a été incendiée. La missionnaire laïc Rafani Majhi, âgé de 21 ans, a été brûlé vive alors qu’elle tentait de sauver les orphelins dans une mission attaquée à Bargarh. Un autre homme a été brûlé vif à Kandhamal, où un prêtre s’occupant de l’orphelinat est également hospitalisé. Lors de l’attaque et de la destruction de centre pastoral diocésain de Kanjimendi, le P. Thomas Challan et sœur Meena ont été gravement blessés. La paroisse de Sankrakhol a été attaquée et brûlée, son pasteur, le P. Alexandar Chandi, a pu se cacher dans la forêt proche. Son ami, le P. Bernard Digal, a vu sa voiture détruite puis a été agressé : il est dans une condition critique à l’hôpital. 17 maisons chrétiennes ont été saccagées à Raikia, où le couvent Saint-Joseph fut aussi attaqué, les sœurs ne devant leur salut qu’à leur fuite dans la forêt. Ce même 25 août, des attaques se sont produites contre bien d’autres églises : l’église pentecôtiste à Budamaha, les églises catholiques de Masadkia, Pisermaha, Mdahupanga, l’église baptiste de Mondakia…

Dans le district de Bargarh, c’est une horde de 2000 fanatiques - manifestement les suprématistes hindous ont battu le rappel et leurs partisans ont afflué des états de Madhya Pradesh, Karnataka, Maharashtraqui, Chattisgarh - a attaqué et détruit beaucoup d’églises, agressant prêtres et moniales. À Padampur, le P. Edward Sequira, battu quasiment à mort, est toujours sans connaissance. À Tianga, Vikram Nayak, un catholique, a été littéralement mis en pièces par une horde enragée. Deux autres catholiques sont morts des suites de leurs blessures et beaucoup de maisons de familles catholiques ont été brûlées. Dans la région de Raikia, trois personnes sont mortes par asphyxie lors de l’incendie de leur maison.

Ce mardi 26 août fut le théâtre de semblables violence : incendie d’une église et de 5 maisons à Badimunda, district de Kandhamal. Deux prêtres missionnaires, les PP. Simon Laksa et Xavier Tirkey, déshabillés et battus, ont pu se sauver. Alors que le rôle des autorités est plus qu’ambigu (le Home Secretary d’Orissa ayant prétendu que les démonstrations du Sangh Parivar sont pacifiques…), la police a commencé à agir dans la soirée, une fusillade entre forces de sécurité et fondamentalistes hindous eut lieu, tuant quatre personnes. Un couvre-feu a été imposé à plusieurs villages, mais cela n’empêcha pas la poursuite des destructions des maisons et propriétés chrétiennes.

Plus de 35 centres chrétiens - abritant orphelinats, centres sociaux, hôpitaux… -, sans compter les divers villages, ont été attaqués : l’organisation et la préméditation de ces violences ne fait aucun doute. Selon le sociologue et prêtre Augustin Kanjamala, professeur à l’université de Bombay, la raison qui excite l’opposition des fondamentalistes hindous est que le travail des chrétiens en faveur des pauvres et des marginalisés, en particulier des dalits, favorise et accélère les changements sociologiques en cours. Grâce à l’éducation, les dalits et les populations tribales acquièrent une plus grande dignité. Ayant le courage de protester contre l’oppression, ils ne sont plus disponibles comme main-d’œuvre corvéable pour l’agriculture.

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Quel futur pour l’Afghanistan ?

Quel futur pour l’Afghanistan ?


Le lundi 18 août 2008, la France a renoué avec les réalités de la guerre en apprenant la mort de dix de ses enfants en Afghanistan. Après les quolibets essuyés par l’armée suite au drame de Carcassonne, notamment les critiques acerbes d’un Président peu au fait des questions de défense, après également les coups portés au moral des troupes suite à une réforme militaire brutale et inconsciente, ce tragique évènement rappelle à ceux qui l’auraient oublié le courage et la grandeur de nos forces armées. Et ceux qui, sagement assis devant leur écran, se gaussent à tort de l’esprit discipliné des militaires feraient bien de ravaler leur orgueil mal placé.

« Oui » il faut être aujourd’hui inconscient pour consacrer sa vie à sa nation plutôt qu’à chercher la satisfaction de ses désirs personnels d’égoïstes jamais rassasiés. « Oui » il faut être inconscient pour avoir comme idéal la fierté d’un pays et le respect d’un drapeau plutôt que la défense d’intérêts corporatistes ou pécuniaires.

Et quelle leçon de sacrifice et d’honneur nous laissent ces dix jeunes hommes et leur vingt et un camarades blessés, âgés pour certains d’une vingtaine d’années seulement. Sacrifice et honneur, deux mots qui sonnent malheureusement creux chez beaucoup d’entre nous. 

Sachez que vous, parents, frères et sœurs, amis, pouvez être fiers de ces hommes tombés l’arme à la main au champ d’honneur. Car il n’y a pas de petit conflit et le sacrifice de ses soldats vaut tout autant que ceux qui ont marqué l’Histoire de France. 

Aux Invalides, trois jours plus tard, c’était toute la Nation qui, réunie derrière vous, rendait ce dernier hommage pour lequel – il faut le reconnaître – le Président de la République fit honneur. L’émotion et la gravité le remettait enfin à sa place, celle d’un chef au milieu de ses hommes endeuillés. 

Mais une fois l’émotion passée, ce terrible épisode rouvre logiquement un débat que le Président avait relancé avec sa décision unilatérale en mars 2008 de renforcer la présence française en Afghanistan avec l’envoi de 700 militaires supplémentaires. Décision qui avait provoquée un tollé dans la classe politique avec le front commun des gauchistes et de l’extrême droite contre cette décision. Des réactions qui déjà reviennent à demi-mots après l’attaque sanglante de lundi.

Ainsi à gauche, on dénonçait une guerre sale (j’aimerais à ce propos comprendre ce qu’est « une guerre propre »). Oliver Besancenot parlait de « bourbier » et tel Saint-Jean Bouche d’Or prônait le retrait des troupes et l’envoi d’une aide « politique, diplomatique et économique internationale » pour le pays. Le leader de la LCR était d’ailleurs rejoint sur ce point par Laguiller, Mamère, Buffet… 

A l’extrême droite également, Le Pen condamnait les choix stratégiques de Sarkozy en dénonçant un alignement sur les Etats-Unis : « nos soldats n’ont pas à se faire tuer pour l’Oncle Sam ». Ce n’est pas la première fois que Le Pen révèle sa proximité idéologique avec l’extrême gauche sur les sujets internationaux. Même rejet de l’Amérique (et de ses valeurs), même rejet des sanctions contre l’Iran à propos de son programme nucléaire et maintenant même rejet de la guerre en Afghanistan. Sans doute apparaît-il urgent pour ses deux formations d’intégrer que la France n’est pas seule dans le monde : si pour l’extrême gauche le pays semble pouvoir faire fi de la compétition économique mondiale en adoptant des lois suicidaires pour nos entreprises, l’extrême droite n’a pas encore compris que fermer les frontières ne suffirait pas à arrêter les terroristes talibans de faire sauter nos avions ou à éviter la menace nucléaire d’un président iranien fanatisé. 

Au-delà de ces réactions épidermiques, d’autres sont fort heureusement venus relever le débat. Ainsi les souverainistes avec Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan se sont interrogés chacun à leur manière sur le bienfondé de la stratégie actuelle en Afghanistan, réclamant que l’OTAN se penche en urgence sur la conduite des opérations et que la France garde son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis.

Pierre Lellouche, député UMP, est allé plus loin en dénonçant une guerre « faite à l’économie » : « l’essentiel de l’effort de guerre américain est allé en Irak et les Européens se sont bien gardés d’apporter une contribution importante en Afghanistan ». Il a aussi critiqué le « désordre  considérable dans le système de reconstruction » avec « une multitude d’agences de différents pays, d’ONG (…) qui se marchent dessus ». Au PS, Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense avançait que « si l’on ne décide pas d’un infléchissement de la stratégie vis-à-vis du terrorisme et en particulier vis-à-vis de cette guerre d’Afghanistan, on va dans le mur. Croire que la lutte contre le terrorisme ça se gagne comme on gagne Austerlitz ou comme on gagne un combat traditionnel, c’est une grave erreur. Il n’y a pas de réponse militaire unique à la grave question du terrorisme. Faire croire ça, c’est enfourcher le pas » (au président américain). Il faut « que l’effort soit porté essentiellement sur le civil, ce qui ne veut pas dire qu’il faut abandonner militairement », appelant à « former un peu plus l’armée afghane pour qu’elle prenne en main ses destinées ». 

Ainsi ne s’agit-il pas aujourd’hui de donner un blanc-seing aux choix du Président de la République. Plusieurs questions se posent. Sur le plan militaire, les dirigeants compétents et les états-majors devraient s’interroger sur les sources qui permettent aujourd’hui aux talibans de s’alimenter en armes et ainsi de mettre en échec l’OTAN. En outre, ces états-majors ne semblent pas avoir suffisamment intégrés que la guerre afghane est avant tout celle du renseignement et de la réactivité face à des guérillas mobiles et déterminées. Avoir recours aux frappes aériennes et s’enfermer dans des bases fixes ne permettront pas de résoudre le conflit.

Sur le plan politique, il s’avère urgent de permettre à l’Afghanistan de pouvoir accélérer son processus de reconstruction en réorganisant les aides et en se penchant sur la délicate question de l’opium qui génère tant de trafics mafieux. Sur le plan humain enfin, il est fondamental de conserver l’adhésion du peuple afghan à la présence militaire internationale, sans quoi les talibans pourront surfer sur les mécontentements et les peurs des citoyens et s’ouvrir alors un boulevard qu’aucune force armée ne serait en mesure de refermer. Il est d’ailleurs déjà reconnu que le nombre de volontaires issus de la population local qui s’engagent contre la présence militaire occidentale est en constante augmentation.

 

Autant de questions qui rendent plus que bienvenue le débat parlementaire de septembre prochain sur la question afghane. Mais c’est bel et bien au niveau de la coalition toute entière que le problème peut espérer être réglé.  

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Inde, état d’Orissa : « Tuez les Chrétiens; détruisez leurs institutions ! »

Inde, état d’Orissa : « Tuez les Chrétiens; détruisez leurs institutions ! »


Les persécutions s’ajoutent aux persécutions, mais ce qui se passe dans l’état d’Orissa, qui avait déjà connu une explosion de violence antichrétienne en décembre, doit être répercuté.

L’explosion de violences a pour prétexte l’assassinat du chef radical hindou Swami (*) Laxanananda Saraswati, le 23 août - 20 soldats armés sont entrées dans son ashram au cours d’une séance de yoga et ont tiré sans distinction, tuant 6 personnes. Accusant - à tort (**) - les chrétiens (une méthode éprouvée depuis Néron) de ce crime, des meutes de fondamentalistes hindous - soutenues par un parti politique officiel, le Vishwa Hindu Parishad (VHP), mais aussi par le Sangh Parivar (***) - attaquent depuis deux jours les églises, les centres pastoraux, les couvents, les orphelinats, en hurlant : « Tuez les Chrétiens; détruisez leurs institutions ! » Ainsi ont été détruits un centre social à K. Nuagam, une église et sa cure à Kandhamal, une chapelle à Sundergarh, deux camionnettes appartenant, l’une aux Missionnaires de la Charité, l’autre aux sœurs du Précieux Sang…
Une nonne catholique a été brûlée vive par des fondamentalistes hindous, qui ont ravagé l’orphelinat qu’elle tenait dans le district de Bargarh (Orissa), d’après le superintendant de la police. Un prêtre présent a été fortement violenté et est hospitalisé pour brûlures. Le centre social et pastoral de l’archidiocèse à Bubaneswar - qui avait coûté 15 millions de roupies - a été attaqué et incendié, une sœur qui y travaillait a été violée par un groupe d’extrémistes hindous; le P. Thomas qui le dirigeait est à l’hôpital… La résidence de l’archevêque, attaquée à coup de pierres, n’a été épargnée qu’à cause de la présence de la police. Ailleurs des missionnaires de la Charité (de mère Teresa) ont été attaquée à coups de pierre… À Phulbani l’église et les maisons des prêtres ont été incendiées ainsi que l’auberge de jeunesse. On parle de l’enlèvement de deux prêtres dans la même zone.

L’archevêque de Cuttack-Bubaneshwar, Raphael Cheenat a déclaré à AsiaNews : « Nous nous sentons totalement abandonnés. Ce matin les autorités ont envoyés trois policiers pour veiller sur le couvent des sœurs et la résidence épiscopale. Mais ils n’ont même pas un bâton pour nous protéger de la furie de la foule ! » Monseigneur Cheenath analyse la violence hindoue envers les chrétiens (et les musulmans) comme ancrée dans l’idéologie qui s’est développée autour du Rashtriya Swayamsevak Sangh (R.S.S.) [organisation nationaliste fondée en 1925 par le Dr Edgewar. C'est un ancien membre du R.S.S. qui a tué Gandhi.], qui inspire d’autres groupes fanatiques liés au Bharatiya Janata Party : « Golwalkar, un membre fondateur du R.S.S., emprunta, dans un livre qu’il écrivit, des idées venant du nazisme d’Hitler. Son admiration pour Hitler était très connue. Il rejeta l’idée que l’Inde était une nation séculière, et postula à la place que c’était un système (Rashtra) hindou. »

« Ici la majorité voudrait bien éliminer la Croix, poursuit l’évêque, mais ses racines sont trop profondes et le cancer du nationalisme ne prévaudra pas. L’Église sera la lumière de nombreuses générations à venir. »

(*) Swami : terme honorifique hindou d’origine sanskrite, signifiant « maître de lui-même », libéré des sens.
(**) Quelques jours avant, le chef hindou avait été menacé par un groupe maoïste qui voulait le mettre en dehors de la zone, l’accusant - pas tout à fait à tort, c’est lui qui était à l’origine des violences antichrétiennes qui avaient déjà détruit 13 églises et tué 3 personnes. Avant sa mort, sa réponse fut d’appeler à protester contre les musulmans du Cachemire, mais après sa mort les Hindous ont ciré sus aux chrétiens, alors que l’évêque condamna tout de suite l’assassinat et appela au calme.
(***) Fédération plus ou moins organisée des différents éléments de la mouvance nationaliste hindoue, des plus fanatiques aux plus modérés. Le Sangh Parivar promeut l’hindutva, c’est-à-dire l’identité indienne, qui selon les plus radicaux (malgré la décision contraire de la Cour suprême) oblige en fait tout indien à être de religion hindoue (mais un Naipaul, par exemple, y voyait une identité large et ouverte).

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De nouvelles embuscades “bien montées” contre nos soldats

De nouvelles embuscades “bien montées” contre nos soldats


C’est ce que souhaite l’association “CAPJPO-Europalestine”…

Fin d’un communiqué daté du 20 août de l’association pro-palestinienne “Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient - EuroPalestine” :

On ne peut de ce point de vue que souhaiter la multiplication d’embuscades « bien montées », si elles aident à l’éveil des consciences et de la mobilisation, ici en France, contre la sale guerre.

Personne n’a prétendu que la guerre en Afghanistan était propre. Il n’empêche que celle-ci est juste, contrairement à la seconde guerre d’Irak.

Dommage qu’une association au but louable (un Etat palestinien et la paix au Proche-Orient), par ailleurs proche des terroristes/résistants (selon les points de vue) du Hamas et du Hezbollah, ne désavoue pas le terrorisme islamique.

Voilà où mène la présence en France de croyants apatrides non assimilés, voilà la conséquence logique de l’Oumma. Le résultat, c’est que des “citoyens” français en arrivent à souhaiter la mort de nos soldats. Entre la Palestine et la France, ces “Français” ont déjà fait leur choix. Et ils ne sont pas les seuls. Entre Israël et la France ou entre l’Arabie Saoudite et la France, je suis prêt à parier que de nombreux “Français” choisiraient de trahir la France…

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Erdogan admirateur du responsable de la mort de nos soldats en Afghanistan…

Erdogan admirateur du responsable de la mort de nos soldats en Afghanistan…


Lu dans Le Monde du 20 août 2008 :

La région de l’embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l’emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation est toujours présente, mais l’implantation radicale s’est largement diversifiée (…). C’est cette coalition d’insurgés, taliban afghans et combattants d’Hekmatyar, alliés aux taliban pakistanais et à Al-Qaïda, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.

Lu dans Présent de mardi 26 août 2008 :

Une semaine avant l’embuscade qui a tué nos soldats, Gulbuddin Hekmatyar avait été étrillé. Une de ses bases, dans le Waziristan du Sud (zone frontalière du Pakistan) avait été pilonnée par les alliés. Lors de l’assaut qui suivit, dix islamo-terroristes avaient été tués.

Qui est Gulbuddin Heykmatyar ? Un responsable sunnite islamo-terroriste réputé. Parmi ses admirateurs, l’actuel Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à qui certains voudraient donner la clef pour entrer dans l’Europe…

La photo que nous reproduisons est parue le 10 juillet 2003 dans le journal turc Star. On y voit Recept Tayyip Erdogan agenouillé en signe d’allégeance devant Gulbuddin Hekmatyar. Dans son livre, La Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste ?, le géo-politicien Alexandre del Valle rappelait que ledit Hekmatyar est « un des chefs terroristes afghans les plus recherchés par les polices du monde ».

A l‘époque, cette photo prise à Istanbul, dans le quartier du Fatih (« la victoire ») avait scandalisé les milieux turcs laïques de Turquie. Elle n’avait pas soulevé la moindre émotion chez les membres de l’Union européenne… (…)

A lire dans Présent du 26 août 2008 :

  • Le fichier Edvige au centre de la polémique
  • Suite de l’entretien commencé samedi avec Jacques et Marie-Claude Bompard, maires d’Orange et de Bollène
  • Un droit (discriminatoire) à la sépulture pour les enfants morts-nés
  • Le Figaro ou La Pravda
  • etc

En vente chaque jour chez tous les bons marchands de journaux (1,3 E).

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Chine : médaille d’or des violations de la liberté et de la dignité humaine

Chine : médaille d’or des violations de la liberté et de la dignité humaine


À e-deo, nous boycottons les Jeux olympiques de Pékin. Mais nous ne faisons pas, pour autant, écran aux terribles nouvelles témoignant de la terrible oppression menée par le régime qui, visant l’obtention de Jeux « harmoniques », l’a encore accrue. Je traduis et résume le bilan fait par Asianews : Toute personne ayant tenté de protester ou de parler à des journalistes étrangers a été enfermé chez lui, ou envoyé en prison ou en camps de travail - sans s’embarrasser de procès, pour plus d’efficacité comme dirait un mémorable homme politique français de sexe féminin.

- Le défenseur des droits de l’homme Liu Jie, en camp de travail depuis le 11 octobre (elle avait soumis une pétition contre la confiscation de terrains privés), est soumis depuis le 15 août (accusée d’agression après s’être défendue contre un garde qui la battait) à une forme de torture appelée le « banc du tigre » (Tiger Bench) - le coupable est attaché au banc par ses mains derrière le dos et par les genoux, et des briques ou autres objets sont placés en dessous les jambes pour les tordre et les casser au niveau des genoux. Ce n’est qu’un cas de torture parmi des dizaines, regroupés par les Défenseurs chinois des droits de l’homme (C.H.R.D.).

- Le 6août, Zhang Wei et Ma Xiulan ont été arrêtés sous prétexte de « trouble à l’ordre social », ayant confié à des journalistes étrangers qu’il cherchait à empêcher la démolition de leurs maisons traditionnelles. Li Maofang a été arrêté pour la même raison à Changsha City dans le Hunan. Hu Shuzhen dans la province de Ningxia, protestant contre la saisie de terrains, a été renvoyé chez lui et mis sous surveillance, ainsi que Chen Xiujuan, qui est handicapée depuis le mauvais traitement subi durant les trois années passées au Laogaï.

- Le 29 juillet, Wang Guilan a été arrêté sous le même prétexte, ayant parlé au téléphone à un journaliste étranger.

- Les autorités de Pékin ont refusé les 77 demandes de manifestation reçues. Ces demandes de manifestation visaient pourtant les trois « parcs de protestation » spécialement désignés à cet effet par les autorités. Plusieurs demandeurs ont été mis en résidence surveillée.

- Wu Dianyuan et Wang Xiuying, âgés respectivement de 79 et 77 ans, ont été condamnés à un an de « ré-éducation par le travail » après plusieurs essais de protestation publique.

- Wang Rongqing, du Parti démocratique chinois, a été arrêté avec plusieurs activistes le 31 juillet pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ». Le 2 août, Xie Changfa, du même parti, a été également arrêté. Le 6 août, Zhang Mingxuan, pasteur et chef de la Fédération chinoise des églises-maisons [petites communautés protestantes clandestines se réunissant chez des particuliers], a été arrêté avec sa femme.

 

- Ding Zilin, Jiang Peikun et Qi Zhiyong, qui appartiennent au groupe des Mères de Tiananmen, ont été conduits hors de Pékin avant le début des Jeux. D’autres, comme l’écrivain Liu Xiaobo, le scientifique Jiang Qisheng, l’ntellectuel Zhang Zhuhua, le protestant Yu Jie, l’érudit Liu Junning, le militant des droits de l’homme Zhou Li, le chrétien Xu Yonghai, les avocats Li Fangping, Jiang Tianyong et Li Heping, et bien d’autres, sont sous résidence surveillée. Cependant le militant pékinois Zeng Jinyan, depuis deux ans en résidence surveillée, a disparu depuis le début des Jeux.

- Yizhou Xinwen (News Week), un site chinois de défense des droits de l’homme, a vu ses ordinateurs attaqués et paralysés. Quelques sites passent à travers les mailles du filet et sont accessibles à Pékin, mais pas le C.H.R.D., ni Dajiyuan, 64tianwang, AsiaNews, ni de nombreux bloc-notes.

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Inde : un prêtre massacré !

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Inde : un prêtre massacré !


Alors qu’il allait célébrer la messe dans un village voisin, le P. Thomas Pandippallyil, âgé de 38 ans, a été assassiné durant la nuit du 16 août. Son corps, retrouvé à Mosalinkuta, montre des signes de torture - blessures à la face, jambes et mains cassées, yeux arrachés…

Mgr Marampudi Joji, archevêque d’Hyderabad, secrétaire de la conférence épiscopale d’Andhra Pradesh, a eu les mots suivants : « le P. Thomas est un martyr : il a sacrifié sa vie pour les pauvres et les exclus. Mais il n’est pas mort en vain, car son corps et son sang enrichissent l’Église en Inde [...] L’Église indienne est choquée et profondément meurtrie par ce meurtre barbare, résultat d’un climat croissant d’intolérance et de violence contre les chrétiens dans ce pays. » Le prélat nie toute politique de conversion forcée - la fausse accusation des extrémistes hindous pour justifier leurs actes barbares et les lois antichrétiennes.

Selon l’évêque, le crime résulte d’un climat de jalousie envers l‘Église catholique, dont la seule faute est d’essayer d’aider à développer les zones rurales abandonnées du pays et de soutenir les victimes de la violence et de l’oppression. « Les prêtres et les moniales sont depuis des décennies au service des moins favorisés en Inde, et cela en fait des cibles de forces mauvaises qui ne veulent pas que les exclus et les pauvres acquièrent du pouvoir. » Il faut aussi souligner que les nationalistes hindous en veulent en soi à tout ce qui n’est pas hindou…

Le P. Thomas, carmélite de Marie Immaculée, était actif dans l’éducation, travailla comme administrateur d’un hôpital et d’une école. Kyrie Eleison.

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Yémen : neuf chrétiens arrêtés, ainsi que six baha’is

Yémen : neuf chrétiens arrêtés, ainsi que six baha’is


Via Point de bascule : La police yéménite a arrêté, depuis le début de 2008, au moins neuf personnes qui se sont converties de l’islam au christianisme, a déclaré mardi un agent de la sécurité. Les neuf convertis ont été arrêtés entre le mois de mai et le début du mois d’août et sont en détention, et trois des neuf convertis ont été arrêtés à l’ouest de la capitale, Sanaa, a-t-il poursuivi sous couvert d’anonymat - il n’avait pas l’autorisation de parler aux médias. Un parent d’Hani el-Dahayni, 30 ans, arrêté en mai après que la police eut pris d’assaut son bureau et confisqué des ordinateurs et des disques compacts, a dit craindre que les convertis subissent la torture ou des sévices en prison.

Par ailleurs, la police a arrêté six Iraniens de foi baha’ie vivant au Yémen depuis 30 ans, a dit l’agent de la sécurité. Ils ont été accusés d’appartenir à un groupe de rebelles, a-t-il déclaré. La religion baha’ie, fondée par le noble persan Baha’u’llah qui se prétendait le dernier prophète après Moïse, Bouddha, Jésus et Mahomet (et quatre autres en fait, le chiffre neuf étant omniprésent chez eux), est le plus souvent traité par les autorités religieuses et civiles musulmanes comme une hérésie. Ses pratiques sont en effet très proches de l’islam, bien que sa doctrine en soit éloignée par une tonalité mondialiste, syncrétique et pacifiste.

Hayel Mansour, vice-président du Omar al-Gawi Political Forum qui milite pour les droits de l’homme et des libertés civiles au Yémen - où on se souvient qu’une fillette de 8 ans vient d’obtenir le droit de divorcer -, blâme l’influence croissante de groupes extrémistes musulmans au Yémen pour ces arrestations.

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Le Janus géopolitique

Le Janus géopolitique


Le président soudanais Omar el-Béchir se rendra la semaine prochaine en Turquie, pour son premier déplacement à l’étranger depuis son inculpation pour génocide par la Cour pénale internationale, selon des sources proches du président. Il participera les 19 et 20 août au sommet Turquie-Afrique à Istanbul.

Ce n’est pas tout. La Turquie a accueilli le président iranien Ahmadinejad pour tenter une médiation sur le nucléaire iranien tandis que des dizaines d’attentats se sont perpétrés dans le pays depuis quelques années. L’islamisme ou le nationalisme turc vous inquiète ? Le passé douteux des chefs islamistes comme Erdogan n’est pas vraiment de nature à rassurer. Le premier ministre actuel avait été condamné pour avoir cité le poète Ziya Gökalp en 1998 :

« Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats. Personne ne pourra faire taire la prière du muezzin ! Même si le déluge nous tombe sur la tête et les volcans déversent leur lave sur notre chemin, jamais nous ne ferons marche arrière. »

La Turquie entretient un rapport ambigu avec l’Occident, qu’il soit américain ou européen. Elle est réputée pour être un pays laïc, allié des Etats-Unis et d’Israël, admirateur de la politique de Mustapha Kémal, modèle de tolérance parmi les pays à dominante musulmane. Plusieurs éléments sont mis en avant aux yeux des occidentaux : ceux qui souhaitent qu’elle n’intègre pas l’Union Européenne y voient le « cheval de Troie des Etats-Unis ». Les autres y voit un pays laïc et moderne. Ces deux conceptions s’opposent dans les débats européens.

Un « Janus géopolitique »

La réalité est tout autre. Les Turcs qui souhaitent l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne mettent en avant le modèle laïc qu’ils ne respectent pas. Ce sont les islamistes du parti AKP, du premier ministre Erdogan. Ils sont de plus en plus nombreux, soutenus et relayés par de puissantes organisations comme la Suleymanciyya ou la Naqshbandiyya. Le parti kémaliste s’oppose à eux sans réelle emprise sur la société. L’armée constitue le véritable contre-pouvoir laïc en Turquie. Elle fait partie des organismes de contrôle et de censure des médias. Les militaires s’opposent à l’intégration européenne, car ils y voient une grave compromission de l’indépendance turque. Pour les Turcs, le Derin Devlet (l’Etat profond) doit être maintenu à tout prix. Ils sont intransigeants sur ce point. De l’autre côté, les islamistes recherchent les fonds structurels qui permettraient à la Turquie de devenir une puissance régionale incontournable. Car la Turquie s’appuie sur l’Europe pour essayer de contrôler l’Asie. Elle constitue ce que Alexandre Del Valle appelle un « Janus géopolitique » (Le dilemme Turc), en référence au dieu à deux faces. Elle entretient de solides relations avec les pays turcophones d’Asie Centrale et avec le Moyen Orient, mais elle s’appuie sur l’Europe.

L’intégration de la Turquie à l’Union Européenne a été soumise à 4 critères essentiels, les « quatre conditions de 1987 » : la promulgation et le respect des droits de l’homme, la reconnaissance du génocide arménien, le respect des minorités chrétiennes, juives et kurdes ainsi que la reconnaissance de Chypre. Le reste des réformes est une question d’économie. Peu à peu, l’Union Européenne tente d’imposer des réformes au gouvernement turc. Celui-ci en fait beaucoup, mais ne fait rien pour la liberté des religions et des minorités. Aucune des quatre conditions n’est vraiment remplie. Le gouvernement ne fait rien sur ce qui pourrait induire une perte de souveraineté. En 2004, le commissaire européen à l’élargissement, Günter Verheugen, reconnaissait que « la pratique de la torture n’est plus systématique en Turquie ». On est rassuré sur les droits de l’homme…Les temps d’antenne des minorités sont considérablement réduits. La propagande officielle laisse entendre que non seulement les Turcs n’ont pas génocidé les Arméniens, mais qu’en plus ils ont été victimes des violences de guérilleros arméniens. Les Chrétiens sont toujours victimes de discriminations, tout comme les Juifs et les Grecs musulmans.

Pour les minorités et les religions, l’intégration européenne est un espoir de liberté. Ils estiment que l’action de l’UE devrait les libérer progressivement. Les derniers séminaires chrétiens ont été fermés récemment. La religion est inscrite sur le passeport turc à des fins de contrôle renforcé.

La Laïcité turque

« La Turquie est laïque, mais moi, je suis musulman. » (Türgüt Özal, ancien premier ministre turc). Tel est l’adage qui prédomine la politique depuis les années 1980. Ce n’est pas précisément ce que l’on entend lorsqu’en France, nous débattons de la laïcité. Le kémalisme laïc est mort dans les années 1960 avec les lois rétablissant les appels publics à la prière, les associations et des partis islamistes, et les cours de religion dans les écoles. La réislamisation du pays commença à cette époque. Depuis, l’armée effectue de temps à autre des coups d’Etat pour rétablir les principes du kémalisme, sans réellement y parvenir. En effet, aujourd’hui, il est impossible aux militaires de résister à l’ascension islamiste. Ils sont progressivement évincés des conseils de surveillance…Les attentats islamistes ou identitaires se multiplient contre les touristes, contre les minorités, témoignant d’une montée en puissance des mouvement radicaux. Récemment, le camp laïc n’est pas parvenu a faire interdire l’AKP par le conseil constitutionnel. Il a manqué une voie…Mais pour l’heure, l’AKP devra se montrer prudent s’il ne veut pas subir les foudres des laïcs. La loi sur le port du voile dans les universités n’est pas passée, mais elle a laissé des traces au sein du conseil constitutionnel.

L’abandon de l’UE

Sous le coup des plaintes du gouvernement islamiste, qui accuse l’Union de ne pas reconnaître les progrès politiques de la Turquie, l’UE abandonne ses positions. La Grèce a levé son veto sur l’intégration de la Turquie, et la Commission reconnaît les efforts faits par le gouvernement. Progressivement, alors qu’il s’agit d’encadrer l’Islam turc, le cadre laïc dérive avec l’Islam. Le gouvernement français s’est montré favorable à l’intégration turque, avant le référendum sur la constitution européenne de 2005, et l’ouverture des négociations d’adhésion en octobre 2005. Il n’est pas inutile de préciser que depuis l’ouverture des négociations, la Turquie n’a pas avancé dans les réformes demandées par l’UE. L’Union, dans son aveuglement, demande également une réforme de l’armée. Celle-ci doit perdre son influence, pour écarter tout risque de dictature ou de coups d’Etat. Par conséquent, l’Europe demande à ce que la seule force laïque de Turquie disparaisse…

Un “allié” américain

La Turquie est un allié de circonstance. Car l’antiaméricanisme va bon train dans ce pays. Les romans les plus populaires sont ceux qui décrient les USA. L’Amérique est constamment soupçonné de vouloir affaiblir la Turquie. Le pays avait refusé de prêter ses bases militaires aux USA pour envahir l’Irak. Comme allié, on a vu mieux…Le roman Metal Firtina (« Tempête de métal ») raconte la résistance turque à une invasion américaine de la Turquie. Le livre a battu tous les records de ventes de livres, car 82% des Turcs pensent que les USA représentent une menace pour leur pays. En 2005, l’ambassadeur américain Eric Edelman dut démissionner après avoir demandé à la Turquie de s’unir à tous les gouvernements pour contraindre la Syrie à se retirer du Liban. Les réactions furent trop violentes…

L’allié israélien n’est pas en reste. Les Juifs ne sont pas les mieux considérés en Turquie. Le 31 janvier 1997, la municipalité islamiste de Sincan organisa la « nuit de Jérusalem » encourageant les petit Turcs à imiter le Hamas et le Hezbollah dans les rues de la ville. Dans Une aventure de turquisation, Rifat Bali raconte les violences qui eurent lieu à l’égard des Juifs entre 1930 et 1950. Il n’est donc pas étonnant que Mein Kampf, le testament politique d’Hitler ou les protocoles des sages de Sion soient encore très vendus de nos jours (Mein Kampf a été publié 45 fois entre 1940 et 2005) en Turquie.

Ceux qui s’opposent à l’intégration de la Turquie comme « cheval de Troie » des USA se trompent. Nos Philippe de Villiers et Dupont-Aignan n’aiment pas qu’on leur précise que la Turquie est particulièrement antiaméricaine. Et leurs adversaires n’aiment pas qu’on leur rappelle que la Turquie est sous contrôle d’un pouvoir de plus en plus islamiste et raciste.

En conflit contre tous ses voisins

La Turquie est en conflit avec tous les pays limitrophes, et bien plus encore. 73,5% des Turcs pensent qu’ils sont entourés d’ennemis. Elle n’aime pas beaucoup l’Arménie. Elle reste l’allié indéfectible de l’Azerbaïdjan turcophone, en conflit pour le Haut-Karabakh avec l’Arménie. La Turquie est également en conflit avec la Syrie, qui lui dispute le territoire d’Alexandrette, cédé par la France en 1938 pour avoir la paix. Elle est en conflit avec Chypre, et avec la Grèce. Une à deux fois par jours, elle se permet de violer l’espace aérien grec en survolant la mer Egée sans autorisation. Par peur, la Grèce a cédé et levé son veto. Elle est en conflit avec l’Irak, soupçonné d’abriter la base arrière des rebelles kurdes…Enfin, sa politique de l’eau la place en délicatesse avec la Syrie et l’Irak.

Et on voudrait l’intégrer…

Dans Le dilemme turc, Alexandre Del Valle en témoigne : les frontières turques ne sont pas sécurisées. N’importe qui peut passer. Si l’Europe devait l’intégrer, elle rejetterait le contrôle de la frontière à la Turquie, incapable d’endiguer les flux terroristes.

Intégrer l’UE, pourquoi faire ?

Forte d’une importante communauté turque en Europe (100 000 Turcs en Alsace, soit bien plus que le nombre de chrétiens en Turquie), elle compte intégrer l’Union Européenne pour se donner les moyens de sa puissance. Elle serait un pont important entre l’Europe et l’Asie. En effet, elle entretient des liens privilégiés avec les pays turcophones d’Asie centrale. L’Europe aurait donc tout intérêt à intégrer la Turquie pour influencer l’Asie centrale et sécuriser les approvisionnements en pétrole. Dans cette position, la Turquie deviendrait indispensable. Son pouvoir en serait considérablement accru. Avec 100 millions d’habitants dans une décennie, elle contrôlerait le Parlement et la Commission Européenne, instrumentalisant ainsi les pays européens. Elle pourrait donc dominer une partie de l’Europe et une partie de l’Asie. « Dreaming West, but moving East » (Rêver de l’ouest, mais agir à l’est) tel est le slogan des élites d’Ankara, souvent répété pour montrer qu’elles ne sont pas vendu à ceux que les journalistes appellent les « américano-sionistes ».

Car ce dont rêve les islamistes est le califat, c’est-à-dire l’héritage politique du prophète. L’empire ottoman était pendant des siècles le phare et l’exemple de la civilisation musulmane. Les descendants des Ottomans ne l’ont pas oublié. On n’efface pas 500 ans de Califat avec une révolution kémaliste. Pour les islamistes, la Turquie doit restaurer le Califat.

De plus en plus, les Turcs eux-mêmes peinent à comprendre la politique du gouvernement. Les musulmans méprisent l’Europe et le gouvernement islamiste. Accusé d’avoir abattu la Califat, le kémalisme est de plus en plus discrédité. La division s’immisce dans la vie politique, marquée de plus en plus par les attentats.

Et la Turquie voit progressivement son rêve européen s’éloigner au fur et à mesure que l’islamisme se renforce. Mais le débat reviendra.

Vous aviez dit laïque, proaméricaine et pro-israélienne ? A l’heure où Israël menace l’Iran d’une guerre, on a vu des alliés plus fiables…

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Guerre larvée en Georgie

Guerre larvée en Georgie


La situation ne s’est guère amélioré en Géorgie depuis l’invasion russe. La Russie fait mine d’obtempérer au plan de paix en retirant ses troupes de la ville de Gori. Le président Sarkozy n’a pas pu faire autrement que d’arracher un compromis peu stable entre la Géorgie et la Russie. Aujourd’hui, les Russes contrôlent la totalité de l’Ossétie du sud, instrumentalisant des Ossètes qui n’ont jamais réellement manifesté de sympathie pro-russe.

Le président géorgien avait pourtant réclamé l’aide occidental. Le secrétaire américain aux Affaires Etrangères, Mme Rice, a souligné que la Russie risquait de “renforcer son isolement” de la Russie. C’est à peine si un avion d’aide humanitaire a pu lui parvenir. Les Américains ont sauvé l’essentiel : le pétrole et le gaz circulent de nouveau. Les prix n’ont pas augmenté. Pour les Occidentaux, tout va bien.

Il reste que les Russes ont ainsi retrouvé une crédibilité internationale que l’indépendance du Kosovo avait profondément affecté. La Russie est de retour sur la scène internationale. Son action vise à faire comprendre qu’elle reste un acteur important des résolutions des conflits sur ses marges. En Transniestrie aussi bien qu’en Abkhazie et en Ossétie du sud, nul ne doit l’affronter de face, à moins qu’il n’ait les Occidentaux derrière lui. Là se trouve le problème : personne n’est prêt à mourir pour Tbilissi. Si un pays est bien isolé, c’est bien la Géorgie.
Partout, des réactions épidermiques ont accompagné l’avancée des chars russes en Géorgie. En Lituanie, des manifestations anti-russes ont eu lieu ; en Ukraine, le gouvernement a relancé le débat sur la flotte russe de Mer Noire. Autrement dit, rien qui puisse considérablement freiner la montée en puissance de la Russie.

L’indépendance du Kosovo a été un élement déclencheur. La Russie risquait de subir également les indépendances des républiques séparatistes du Caucase, comme la Tchétchénie, l’Ingouchie ou le Daghestan. La guerre d’Ossétie en est une réponse.
Maintenant, dans l’impasse, on se contente d’en appeler à l’ONU qui, du fait de la position russe, ne pourra pas régler le conflit par elle-même.

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Le drapeau breton n’a pas sa place…

Le drapeau breton n’a pas sa place…


aux JO de Pékin. Pas plus que les fillettes morphologiquement non parfaites. Pas plus que les athlètes qui échouent pour cause de surpression médiatique. Du Li, la tenante du titre au tir à la carabine 10 m, solide espoir de médaille d’or, a ainsi craqué dès le premier plomb, terminant 5e : “La pression est assez forte, je n’ai pas pu rester calme” a-t-elle expliqué à la presse, une justification qui n’est pourtant pas du gout des autorités : la pression, en Chine ? Voyons, quelle idée ! Cela n’existe pas. Pour preuve, toute recherche avec ce mot lundi sur les sites principaux sites de recherche chinois conduisait immanquablement au même résultat : “Impossible d’afficher la page“.

Encore une fois, la Chine essaie desespérément de sauver les apparences… 

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Témoignage


Un chrétien chinois a été arrêté avec son frère. Hua Huiqi disait avoir quelque chose à dire au président Bush, alors qu’il souhaitait assister au même office religieux que le président. Son frère, Hua Huilin, a été relâché. Mais il témoigne que son frère n’est pas rentré. Dans une lettre, Huiqi explique que la police l’a menacé de lui briser les jambes après lui avoir rappeler qu’il n’avait rien à faire dans cet office. Il a fini par s’enfuir, mais, effrayé à l’idée de rentrer chez lui, il préfère rester en fuite. Quelques heures avant l’arrivée de George Bush, Hu Jintao avait expliqué qu’aucun “Etat ne devrait avoir peur de l’amour de la religion”.

A part ça, les Jeux Olympiques se passent bien…Prière de souffrir et de mourir en silence !

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Israël menace le Liban

Israël menace le Liban


La guerre qui avait secoué le Liban tout le mois de juillet 2006 pourrait bien repartir. C’est en substance le message que vient d’envoyer Israël au gouvernement de Fouad Siniora.
Car le Hezbollah n’a pas changé. Il a pris de l’importance en disposant désormais d’un droit de veto au gouvernement et de l’autorisation de maintenir des miliciens dans le Sud-Liban, face à l’armée israélienne. L’organisation terroriste a menacé Israël à la suite de l’attentat qui couta la vie à Imad Mougnieh, chef de la branche militaire du Hezbollah.

Dans le contexte hautement belligène qui caractérise la scène internationale, nous ne pouvons que nous inquiéter de l’incapacité des Nations Unies à préserver la justice et la paix, si nécessaires à des pays comme le Liban, Israël ou la Géorgie.

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“Etat de guerre”

“Etat de guerre”


Au lendemain de l’offensive géorgienne menée par l’armée sur le territoire autonome d’Ossétie du sud, la tension est montée d’un cran. La Russie a reconnu avoir perdu deux avions et affirment avoir repris le contrôle ("libéré") de la capitale de la région, Tskhinvali.

La Géorgie a déclaré être "en état de guerre" avec la Russie. De son côté, le président russe affirme : "J’ai signé un décret sur l’état de guerre". Son pays serait l’objet d’une agression militaire totale. Aux Nations Unies, la situation ne s’améliore pas. L’ambassadeur de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, reproche à la Géorgie d’avoir délibérément pris pour cibles les forces russes. On peut aussi se demander ce que les forces russes faisaient sur le territoire géorgien. La Russie, particulièrement hypocrite, accuse la Géorgie de "nettoyage ethnique".

Le président géorgien a d’ailleurs démenti le chiffre avancé par le président sud-ossète, Iouri Morozov, de 1600 civils tués dans les combats.

Addendum : selon le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, la Géorgie a abattu 10 jets et 30 chars russes. De plus, les séparatistes abkhazes viennent d’attaquer les Géorgiens dans les gorges du Kodori, dont la reddition constitue l’un des points d’achoppement du plan de paix. Un nouveau front est donc ouvert en Abkhazie. Par conséquent, l’instauration de l’état de guerre a été voté par le parlement géorgiens pour 15 jours.

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L’imbroglio géorgien

L’imbroglio géorgien


Les événements récents nous poussent à fournir quelques explications, pour que la situation caucasienne soit un peu plus claire.

Hier, une bombe explosait à Sotchi, au sud de la Russie, sur la Mer Noire. Doit-on y voir la main de Tbilissi, capitale de la Georgie ? C’est la 3e cet été. Toujours est-il que la Georgie envoie des troupes en Ossétie du sud pour empêcher l’indépendance de cette petite région autonome. La capitale de ce pays de 70 000 habitants, Tskhinval, est encerclée. La 5e brigade mécanisée de l’armée géorgienne y a été envoyée. 2 soldats géorgiens ont été tués et 3 autres blessés. Le quartier général de la force russe de maintien de la paix a été bombardé. Les Georgiens ont abattu deux avions russes qui avaient participé au bombardement d’une base, à proximité de Tbilissi. De nombreux volontaires abkhazes et ossètes se dirigent vers l’Ossétie du sud. La situation sanitaire est dramatique : les hôpitaux sont pleins, les victimes sont opérées dans les couloirs, tant l’espace se fait rare.

La Russie ne reste pas inactive. Il semblerait qu’une colonne de militaires russes soit entrée en Ossétie du sud. “Nous ne permettrons pas que la mort de nos compatriotes reste impunie, les coupables recevront le châtiment mérité” annonce la Russie. Poutine envisage une « réponse » aux agissements georgiens. La Russie accusait hier la Georgie de se préparer à la guerre. La voilà rassurée sur les intentions géorgiennes. Le ministre georgien de la réintégration, Temuri Yakobashvili, explique au Figaro : «On a parfois l’impression que la Russie n’arrive plus à se faire obéir des bandes qu’elle a armées», car il n’est pas dans son intérêt de provoquer aujourd’hui un tel conflit. Toujours est-il que la Russie vient d’accuser la Georgie de “nettoyage ethnique”, tandis que l’on annonce déjà des centaines de victime dans la région.
Aujourd’hui, tous les pays appellent à la paix. Un cessez-le-feu a été instauré par le gouvernement georgien. Car ce problème est à replacer dans un contexte plus large. La Russie accueillera en 2014 les jeux olympiques d’hiver en la ville de Sotchi, riveraine du Caucase et de la mer Noire. Cet été, trois bombes ont explosé dans cette ville. Les Russes ont déjà dépensé 10 milliards pour ces jeux. Par conséquent, la Russie souhaite régler les problèmes politiques au plus vite, sans abandonner ses propres intérêts.

Le président Saakachvili, au pouvoir depuis 2004, cherche à récupérer la région autonome d’Ossétie du sud et les républiques autonomes d’Abkhazie et d’Adjarie. Ayant étudié aux USA, le président est proaméricain. Pour lui, l’indépendance de la Georgie passe par l’alliance atlantique. Il considère l’Ossétie du sud comme un prétexte. Les Georgiens sont persuadés que le regain de tension en Ossétie est destiné à détourner l’attention des Occidentaux de l’Abkhazie, pour laquelle un plan de paix est en cours d’élaboration. «Nous n’avons aucun intérêt à une confrontation armée avec Tskhinvali, bourgade perdue d’une vallée du Caucase ; ce conflit se résoudra si la question abkhaze se règle» affirmait un diplomate.

Objet de toutes les convoitises et toutes les manipulations depuis le XVe siècle, asservie par les Ottomans, libérée avec l’aide des Russes, détruite par les soviétiques, la Georgie est aujourd’hui le jeu des ambitions russes, américaines, européennes et chinoises. Elle est membre du Conseil de l’Europe, antichambre de l’Union Européenne, depuis le 27 août 1999 ainsi que de la CEI, depuis 1992. La Georgie est l’objet d’une politique de voisinage de la part de l’Union Européenne ; elle souhaite également faire partie de l’Union Européenne (voir l’interview de Zourabichvili). La situation intérieure s’est dégradée depuis novembre 2003, date de la Révolution des Roses qui destitue le dernier symbole unitaire du pays, le président Chevardnadze, ancien ministre des Affaires Etrangères d’URSS. M. Saakachvili est élu en 2004. Par le biais du Mouvement National Démocrate, celui-ci contrôle 95% du Parlement, ce qui lui donne le pouvoir de réprimer l’opposition. L’opposition ne s’exprime plus sur les ondes et le pouvoir reste aujourd’hui incontesté. Récemment, la ministre des Affaires Etrangères Salomé Zourabichvili, franco-géorgienne, a du démissionner parce qu’elle prétendait que les mafias et les réseaux de corruption avaient leurs entrées au gouvernement. En septembre 2007, le ministre de la Défense Irakli Okrouachvili est arrêté après avoir affirmé que le président avait par le passé commandité des meurtres de personnalités influentes. Il a été arrêté pour extorsion de fond et blanchiment d’argent. Des milliers de manifestants avaient protesté. En octobre 2007, à la suite des déclarations du chef de l’Eglise Orthodoxe, les partis d’opposition réclament une monarchie constitutionnelle. Le parlement se déclare prêt à débattre. La réaction ne se fait pas attendre : le président instaure l’état d’urgence pendant 15 jours. Il accuse les services spéciaux russes de fomenter des troubles. Trois diplomates russes sont alors expulsés.

La Georgie fait partie de l’Asie. Elle n’a ni une culture occidentale, ni une culture orientale. Elle a sa propre langue. La Géorgie devenait en 1999 le 41e État membre du Conseil de l’Europe. La même année, elle signait un accord de coopération avec la Turquie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, pour la construction d’un oléoduc stratégique reliant Bakhou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (Turquie). Prévue en 2004, son ouverture devait permettre de réduire la dépendance économique de la Géorgie à l’égard de la Russie. Dans le même temps, elle se rapproche de l’Union Européenne, seule porte de sortie entre les USA et la Russie. En 2005, en accord avec l’UE, elle supprime les visas pour les Européens. Mais elle reste le terrain de jeu d’ambitions rivales et contradictoires entre les deux géants russes et américains, l’UE se contentant de suivre les USA.

Ces rivalités profitent de la mosaïque culturelle qui caractérise la Georgie pour tenter de s’imposer. La Georgie souhaite s’émanciper de la Russie, mais les velléités indépendantistes de certaines minorités lui compliquent considérablement la tâche. Les Russes soutiennent ces velléités pour faire pression sur Tbilissi tandis que les USA soutiennent le gouvernement, remplaçant peu à peu, depuis 2004, les militaires russes dans leurs propres bases. Il est aujourd’hui incontestable que les rivalités profitent aux USA qui obtiennent plus ou moins ce qu’ils veulent sans faire de concession.
La plupart des minorités linguistiques parlent le russe comme langue seconde, non le géorgien. Ainsi, en 1989, moins de 3 % des Abkhazes, moins de 10 % des Azerbaïdjanais et environ 20 % des Arméniens vivant en Géorgie déclaraient parler couramment le géorgien. De fait, le russe est, après le géorgien (langue officielle), la langue la plus répandue dans le pays. Le russe sert de langue des communications inter-ethniques, surtout de la part des Azéris, des Arméniens et des Géorgiens. La quasi-totalité de la population est encore bilingue (russe / langue maternelle), mais une tendance semble se dessiner pour l’abandon du russe en faveur de l’anglais considéré maintenant comme plus prestigieux. Toutefois, l’abandon du russe attire des critiques, car les enfants ainsi éduqués se révèlent incapables de communiquer avec leurs voisins du Caucase. Pour compléter le tableau, la Djavakhétie comporte une forte minorité arménienne qui voit d’un très bon œil le rattachement de la région à l’Arménie. L’Arménie, très isolée au milieu des terres, trouverait ainsi de nouveaux débouchés. La Georgie a donc refusé la statue d’autonomie, provoquant ainsi de multiples tensions.

Toute opposition est contestée par le pouvoir, y compris celles des régions autonomes. En 2004, à la suite des élections, l’Adjarie fait les frais des velléités nationales du président. La région, ou plutôt le très autocrate Aslan Abachidzé, fait sécession. Les Russes, qui ont des bases sur place, et l’armée géorgienne ainsi que les manifestations progeorgiennes dissuadent les indépendantistes d’Adjarie.
L’Abkhazie comptait en 1989 près de 500 000 Georgiens. Les Abkhazes ne représentaient que 17% de la population. En 1993, suite à la sécession, 250 000 personnes sont déplacées. Ils représentent aujourd’hui 45% de la population abkhaze. Les Russes, les Arméniens, les Georgiens et les Grecs constituent le reste de la population. Les aménités ne manquent pas : Le tourisme et l’immobilier s’envolent. La façade maritime de la région lui octroie d’importants débouchés que convoitent les Russes. Sans oublier la viticulture qu’Alexandre Dumas célébrait déjà en son temps. En juin, les tensions sont reparties avec les manœuvres de Tbilissi pour affaiblir la région. La Russie n’a pas hésité à survoler la région pour surveiller les déplacements. Soutenant les séparatistes, elle a néanmoins refusé d’entrer en guerre. La Russie a fini par se rallier au plan de paix proposé par l’Allemagne. Celui-ci prévoit la fin des hostilités et propose le retour des 250 000 Georgiens expulsés en 1992. Les séparatistes refusent ce plan, mais ils se trouvent particulièrement isolés.

1991, l’Ossétie du sud prend son indépendance et souhaite rejoindre la fédération de Russie. Mais le référendum de 1992 est annulé et les Georgiens la leur retire. La population migre massivement vers l’Ossétie du nord. Elle a été divisée et répartie sur plusieurs régions administratives de Georgie. En 1994, les nationalistes profitent d’un rapprochement avec l’Ossétie du Nord pour proclamer l’indépendance d’Ossétie du sud. Le conflit couve depuis cette époque. Il s’est accentué depuis 2004. Les nationalistes sont majoritaires dans cette région. Ils veulent la réunification de l’Ossétie. En 2006, un référendum avait donné la majorité aux nationalistes. Les USA et l’UE ont dénoncé ce référendum.

Entre une Russie qui perd peu à peu de l’influence et une diversité ethnique gravement instable, la Georgie cherche à s’émanciper des Etats-Unis en se tournant vers l’Union Européenne et en renforçant ses liens avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Mais pourra-t-elle surmonter les nationalismes d’Adjarie, d’Abkhazie, d’Ossétie du sud ou de Djavakhétie pour garantir une stabilité nationale, seul préalable à une véritable prospérité économique ?

Il est intéressant de constater que la communauté internationale refuse dans son ensemble ce qu’elle a accordé au Kosovo. Les indépendances demandées sont refusées, et les référenda ne sont pas reconnus. La logique est actuellement à l’évacuation de la Russie, car, en conservant le Kosovo à la Serbie ou en accentuant l’autonomie des régions séparatistes géorgiennes, la Russie en tirerait profit.

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Des verts et des rouges

Des verts et des rouges


Afin d’exprimer leur soutien aux victimes du régime chinois et “dénoncer les bassesses de la politique de M. Sarkozy“, qui sera présent à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, les Verts ont déployé sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris les portraits de Hu Jia et du Dalaï-lama. Des drapeaux aux couleurs du Tibet et des “menottes olympiques” de l’organisation Reporters sans Frontières sont également visibles jusqu’à la fin des Jeux olympiques. Les Verts entendent dénoncer “le régime liberticide de la Chine”, qui “entend s’en saisir pour obtenir une caution internationale, et un motif de glorification patriotique“. Le Dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, et Hu Jia, militant des droits de l’Homme emprisonné, ont été faits citoyens d’Honneur de la Ville de Paris en avril 2008.

Hu Jia est un activiste chinois, qui défend l’écologie et combat le Sida. Il a fait partie des Brigades du Yak sauvage pour défendre l’antilope tibétaine. Il a été condamné plusieurs fois. Le Dalaï-Lama vient d’être nommé citoyen d’honneur de Paris. Mais Huang Qi n’a pas la faveur des verts. Apparament, l’associer à la protestation n’est pas pertinent. Même si son aura rayonne bien plus que Hu Jia.

Ils veulent dénoncer la politique du président Sarkozy. Bien. M.Hollande a même reproché au président de se soumettre à la volonté chinoise et de participer à la cérémonie d’ouverture des JO. Pourquoi pas ? Voilà une critique légitime. Mais que cela vienne des socialistes, dont certains ont admiré “l’efficacité” de la justice chinoise, est un peu étonnant.

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Le rêve avarié

Le rêve avarié


Pour compléter la mauvaise humeur de ce matin, signalons ces quelques élements (succincts !) contextuels de Chine, qui fait tout pour paraître fréquentable à la veille des Jeux Olympiques :

- Adidas annonce que la fabrication quittera la Chine pour cause de salaire trop élevés. En effet, le gouvernement augmente arbitrairement les salaires de manière régulière. Adidas annonce son retour dans les pays d’Europe centrale et orientale. D’autres entreprises devraient suivre. Est-ce la fin de la croissance de rattrapage chinoise ?

- Ce ne sont pas avec des robots que l’on remporte de grandes victoires. Le Point a réalisé deux articles dans ce sens (interview de Marielle Goitschel et Les Chinois détestent le sport) . Les athlètes chinois surentraînés deviennent contre-productifs.

« Sur mon groupe de 20 athlètes, tous étaient blessés . La faute au surentraînement. Ils ne prenaient jamais de repos. Ma première décision a été de les renvoyer deux semaines chez eux. On m’a convoqué immédiatement pour m’expliquer que mon boulot ne consistait pas à donner des vacances à mes escrimeurs. » 

L’absence de considération pour l’individu n’y est pas pour rien.

Des Championnats du monde, en septembre 2007 à Saint-Pétersbourg, les sabreurs de Christian Bauer n’ont rapporté qu’une modeste médaille d’argent. L’entraîneur ne s’en est pas inquiété, persuadé que l’échec pourrait accoucher d’un succès olympique. Il a même accordé à toute l’équipe dix jours de vacances. Mais, à leur retour à Pékin, les escrimeurs ont été consignés plusieurs jours dans leur centre national. Ils n’ont pu en sortir qu’après avoir avoué par écrit leurs fautes.

- La désinformation chinoise se porte bien. On se souvient des images supprimées lors du passage de la flamme à Paris. Le gouvernement chinois ne devrait pas tarder à nous garantir du beau temps pour les jeux ; dans le cas contraire, le service météorologique devra consigner ses fautes par écrits…

- La Chine lutte pour l’environnement. Même si elle se partage avec le Japon 100 tonnes d’ivoire et même si sa gestion du trafic illégal d’ivoire par le gouvernement a été critiquée. D’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Libération, la Chine n’est pas particulièrement virulente dans le domaine du trafic de bois.

- Le trafic illégal se porte tout aussi bien, malgré ce qu’en dit le gouvernement. Les Français viennent d’arrêter un Chinois pour recel de blanchiement d’argent et tentative de corruption active. Le trafic d’organes est florissant. La Chine utilise les condamnés à mort pour se fournir (voir les articles